Ce numéro de Gauchebdo offre une place importante aux événements de l’Histoire. Comment penser l’après, ignorant l’avant ?
Le sens de l’Histoire tient lieu de lettre d’introduction à celles et ceux qui ne réduisent pas la planète et la vie de ses habitants à un monopoly réservé aux plus malins des boursicoteurs… en herbe puisque nous vivons une époque « écologique ».
Les parlementaires espagnols, pour envisager l’avenir, ont voulu assurer le passé. Ils ont adopté la loi sur la « mémoire historique », reconnaissant ou réhabilitant les victimes du franquisme. Cela n’allait sans doute pas de soi, puisque la loi a été adoptée au Cortès par 185 voix contre 137. Cette loi est très précise : elle vise à la « réparation morale » et au « rétablissement public de la mémoire des victimes des persécutions politiques, idéologiques ou religieuses durant la guerre civile et la dictature de Fransisco Franco ». Le parti écolo-communiste a veillé à ce que soit incluse dans le texte de loi, une condamnation officielle du régime franquiste, mais n’a pas obtenu l’annulation des jugements sommaires prononcés par les tribunaux militaires qui décidèrent de cinquante mille exécutions.
La droite espagnole dit pi que pendre de cette loi, qui rompt, selon elle, l’héritage qui a permis la transition démocratique du pays. Par contre la même droite est toute émue par la béatification, par le pape Benoît XVI, de 498 religieux exécutés par le camp républicain durant cette même guerre civile. 498 martyrs, précise le Vatican, mort pour leur foi et leur « amour du Christ ». Parce qu’il ne semble pas que les religieux proches de la République espagnole, assassinés par les fascistes de Franco, puissent avoir été victimes de mécréants. Ils ne devaient pas aimer Jésus, eux, puisqu’ils fricotaient avec les Rouges.
L’Ayatollah Benoît XVI ne rate pas une occasion pour faire valoir l’évidence : la politique du pire n’a pas de secret pour lui. Et en Espagne, son action bienfaitrice va droit au cœur de l’épiscopat local qui conteste la nouvelle loi scolaire votée au Cortès en septembre dernier, et précisément, le développement du cours d’ « Education à la citoyenneté ». Il s’agit en l’occurrence d’enseigner aux collégiens espagnols des notions sur le fonctionnement des institutions, l’égalité entre les sexes, la lutte contre les préjugés homophobes, raciaux ou religieux, la diversité culturelle, la globalisation, la consommation responsable et la sécurité routière…
Bref, tous en cœur, chantons : A bas la calotte…
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, novembre 2007
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mardi 30 octobre 2007
jeudi 13 septembre 2007
Vatican: Le politicien Benoît VXI ne confesse pas encore sa stratégie
Le Pape est en croisade. Il fustige la tolérance qui consisterait en une « indifférence privée de références à des valeurs permanentes ». Il stigmatise le droit à l’avortement « qui est le contraire d’un droit de l’Homme » qu’il dénonce en toute circonstance, même pour des raisons thérapeutiques. Le Catholique Suprême surprendrait s’il s’exprimait autrement. Il ne serait que l’ombre de lui-même. Défenseur d’une Eglise dont il ne veut voir qu’un clocher, il met les points sur les i dans tous les domaines, avec sobriété et entêtement. Non à l’euthanasie, non à l’utilisation des préservatifs pour combattre la pandémie du Sida, non à l’avortement, oui à une église conservatrice, non à une église populaire. La liste n’est pas exhaustive, loin s’en faut. La politique papale tend à réunir les catholiques soucieux d’une église forte, concentrée, prête à mener le combat spirituel contre les croyances « autres », chrétiennes ou non. Et contre celles et ceux qui persistent à accorder leur préférence à l’Humanité.
A Vienne la semaine dernière, Benoît XVI s’est penché sur l’Europe dont il estime qu’elle ne remplit plus son rôle de « meneur ». Il a rappelé que notre continent avait une « responsabilité unique dans le monde » et a regretté de voir l’Union européenne « renier ses racines chrétiennes ». Le Pape faisait allusion à l’absence de la mention « christianisme » dans le préambule du traité constitutionnel de l’UE.
C’est donc l’Europe qui devra, selon les politologues du Vatican, constituer la base stratégique et idéologique pour faire front dans un monde où l’ennemi, presque par définition épiscopale, porte haut les couleurs de l’Islam ou les bontés d’une philosophie orientale qui fait son chemin. Au point où il en est de ses déclarations politico-religieuses, Benoît XVI envisagerait un Yalta de fois et croyances. A chacun son territoire. Le monde catholique perd du terrain en Afrique et en Amérique du sud, au profit des Musulmans et des Chrétiens évangéliques.
Ce qui devrait inquiéter les Laïques, c’est que le Pape ne joue pas les Don Quichotte. Il est armé de certitudes plus moralisatrices que morales et soutenu par des alliés bien réels et bien actifs. Sa bataille spirituelle risque de tourner à l’aventure politico-on-ne-sait-trop-quoi avec des alliés « à haut risque » partout en Europe, dans les mouvances les plus droitières du monde politique. Les Polonais ne sont pas les seuls à être encore nombreux à croire que les choix de Rome doivent être pris en compte pour choisir un gouvernement. Le consensus existe dans le monde chrétien toutes obédiences confondues, pour un monde plus dépendant de Dieu (et de ses représentants sur la terre) que des Hommes.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, Septembre 2007
A Vienne la semaine dernière, Benoît XVI s’est penché sur l’Europe dont il estime qu’elle ne remplit plus son rôle de « meneur ». Il a rappelé que notre continent avait une « responsabilité unique dans le monde » et a regretté de voir l’Union européenne « renier ses racines chrétiennes ». Le Pape faisait allusion à l’absence de la mention « christianisme » dans le préambule du traité constitutionnel de l’UE.
C’est donc l’Europe qui devra, selon les politologues du Vatican, constituer la base stratégique et idéologique pour faire front dans un monde où l’ennemi, presque par définition épiscopale, porte haut les couleurs de l’Islam ou les bontés d’une philosophie orientale qui fait son chemin. Au point où il en est de ses déclarations politico-religieuses, Benoît XVI envisagerait un Yalta de fois et croyances. A chacun son territoire. Le monde catholique perd du terrain en Afrique et en Amérique du sud, au profit des Musulmans et des Chrétiens évangéliques.
Ce qui devrait inquiéter les Laïques, c’est que le Pape ne joue pas les Don Quichotte. Il est armé de certitudes plus moralisatrices que morales et soutenu par des alliés bien réels et bien actifs. Sa bataille spirituelle risque de tourner à l’aventure politico-on-ne-sait-trop-quoi avec des alliés « à haut risque » partout en Europe, dans les mouvances les plus droitières du monde politique. Les Polonais ne sont pas les seuls à être encore nombreux à croire que les choix de Rome doivent être pris en compte pour choisir un gouvernement. Le consensus existe dans le monde chrétien toutes obédiences confondues, pour un monde plus dépendant de Dieu (et de ses représentants sur la terre) que des Hommes.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, Septembre 2007
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