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samedi 21 avril 2007

Genève: Pierre Maudet, le sarkozyste de service

Comparaison n’est pas raison mais rien n’empêche de constater qu’il y a quelque chose de Sarkozy en Pierre Maudet. De Sarkozy et de Bayrou. Le jeune loup de la politique genevoise qui considère que " la politique française préfigure souvent ce qui va se passer en Suisse " se situe d’ailleurs sans difficulté dans la " mouvance sarkoziste " : " je crois moi aussi en une droite populaire, explique-t-il à Gauchebdo. Sarkozy m’intéresse par son sens du marketing et l’esprit professionnel du politicien ". Au-delà des formules, il y a aussi cette méthode qui consiste à s’affirmer à droite en élargissant le spectre de ses pensées sur les plates-bandes des autres partis. Pierre Maudet prône les vertus du libéralisme économique et argue d’un esprit social. Surtout, il considère la gauche, plus précisément ce qu’il nomme l’extrême gauche, comme archaïque, voire ringarde. Comme tous les politiciens de droite, il se situe ipso facto dans la modernité : "la notion de gauche et de droite est dépassée. D’un point de vue sociétal je me sens plutôt à gauche. " Il n’empêche que c’est de l’UDC que ce " sociétal de gauche " espérait le retrait au prix de quelques concessions pour mieux affronter la gauche en ville de Genève : " je ne travaille pas avec l’UDC. Je n’ai rien de commun avec ce parti. Ce que nous espérions c’était le retrait de la candidature d’Yves Niedegger. En aucun cas nous n’envisagions de faire liste commune. En politique, je suis pragmatique. Dans l’opposition municipale, face à une très forte majorité de gauche influencée par l’extrême gauche, je n’ai eu aucun état d’âme pour mener la vie dure aux magistrats. Si demain je devais siéger avec Remy Pagani, je n’aurais pas non plus d’état d’âme ni de préjugés pour travailler. " Un vrai pro Pierre Maudet, un homme de dossiers, assis sur les valeurs du radicalisme laïc, sensible aux réalités de la jeunesse dont il est apparemment un maillon fort. Sauf que son discours est curieusement pris dans les glaces du conservatisme : à propos de la sécurité, par exemple: " bien sûr que Genève n’est pas le Bronx dit Pierre Maudet. Mais les gens ont le droit de sentir en sécurité." Tout est dans les mots, à défaut d’insécurité réelle, il convient de rassurer la population. Et de redistribuer les cartes en jouant sur les intérêts du citoyen : " les ASM doivent avoir un autre rôle que celui qui consiste à distribuer les amandes "…
La " locomotive " de la droite pour l’exécutif genevois est sur les rails pour pourfendre tout ce que la gauche considère comme prioritaire, tout ce qu’elle a réalisé ces vingt dernières années au nom des solidarités nécessaires.
RLr, Gauchebdo, Suisse, avril 2007

samedi 14 avril 2007

Genève: Catherine Gaillard persiste et signe: "je n'envisage pas de quitter AGT!"

" solidaritéS n’a pas joué le jeu à mon égard ". Catherine Gaillard ne décolère pas. La candidate malheureuse à la candidature au Conseil administratif de Genève tient un discours paradoxal après avoir sidéré ses amis politiques par ses déclarations intempestives à la presse genevoise : " Depuis un an au moins, ma candidature était incontournable. La presse et les milieux politiques la considéraient comme légitime. Je m’étais inquiétée auprès de solidaritéS de la position à prendre. On me répondait : " dis que t’en sais rien ". Personnellement, j’étais hésitante. Ce fut le silence radio. Mon parti n’a pas bougé. J’ai revendiqué à plusieurs reprises, en vain, une assemblée pour que la question soit soulevée. En réalité, solidaritéS avait déjà choisi la candidature de Remy Pagani. Et lui voulait être candidat. J’ai été isolée au sein de ma propre organisation. ". Catherine Gaillard s’attendait donc à ne pas être retenue par les militants d’A Gauche Toute ! au lendemain de la débâcle électorale du 25 mars : " la courte avance de Rémy Pagani en voix de préférence n’explique pas le rejet de ma candidature. Je considère qu’il s’agit de la part de mes camarades et des autres organisations de gauche, d’un choix sexiste délibéré. J’ai servi d’alibi en tête de liste aux municipales, il eut été impensable que les femmes ne soient pas présentes aux meilleures places sur la liste d’AGT !. Les partis qui composent la plateforme sont en perte de vitesse, le rôle des féministes en son sein est indéniable. Mais envisager une femme pour le conseil administratif n’était pas à l’ordre du jour. Ni solidaritéS, ni le PdT n’acceptaient l’idée de présenter une féministe. Le vote presque unanime des militants du Parti du Travail en faveur de Pagani le démontre. Il fallait un candidat qui ait le profil adéquat, issu d’un syndicat, pourquoi pas, militant de longue date pour la cause des travailleurs, sans doute. Il ne fallait pas une féministe, liée aux milieux culturels, attentive aux droits de toutes les minorités dont les minorités sexuelles. Alors, mes convictions, je les défends. Je mène la lutte et puisque j’ai la conviction que mes idées et moi-même, n’avons pas été respectées, je ne respecte rien ! Je souhaite la défaite de Rémy Pagani. ".
Reste que Catherine Gaillard est élue du groupe AGT ! au conseil municipal de Genève : " je n’envisage pas de quitter le groupe AGT ! j’y représente un courant de pensée et je n’ai pas l’intention de m’effacer. Mes déclarations à la presse, je les assume. Je ne les trouve pas excessives. Faire de la politique, c’est aussi prendre des risques. J’en prends. Quant aux décisions des militants d'AGT !, je les respecterais si j’avais la certitude que les dés ne sont pas pipés au départ : je suis une artiste, je gagne ma vie en faisant mon métier, en trouvant les contrats, en assurant ma propre logistique professionnelle. J’ai pendant quatre ans assuré ma tâche d’élue municipale… Derrière Remy Pagani, il y avait les structures partisanes, une organisation…ou plusieurs. "
entretien, Gauchehebdo, Suisse, avril 2007

Genève: Les saines colères de Salika Wenger

Salika Wenger, la présidente des Indépendants de Gauche, conseillère municipale nouvellement élue sur la liste AGT ! à Genève et notre collaborateur Ron Linder sont amis. Nous vous proposons un extrait reconstitué d’une de leurs conversations suite aux épanchements de Catherine Gaillard dans les médias genevois après la désignation de Rémy Pagani comme candidat d’AGT ! au Conseil Administratif. (Pagani et Gaillard sont issus de " solidaritéS ", aujourd’hui indubitablement la principale structure électorale d’AGT !, qui a ces dernières années " placé " ses militants à tous les postes électifs disponibles pour la gauche de la gauche dans le canton de Genève.)

- Salika ? on m’a dit que t’es plus en colère
- Quoi ?
- Que tu t’es faite éjecter du mouvement " les femmes en colère " parce que tu avais voté contre la candidature de Catherine Gaillard pour représenter A Gauche Toute ! aux élections du Conseil administratif de Genève…
- …
- T’es toujours en colère ?
- Je risque pas de me calmer si tu n’arrêtes pas de m’asticoter. Oui, j’ai préféré Pagani à Gaillard. Je te signale que les deux tiers de l’Assemblée d’AGT ! ont préféré Pagani à Gaillard. Et franchement, au vu du spectacle de cirque que Catherine nous offre dans les médias genevois, je me dis que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je confonds pas tout : On fait de la politique et, plus compliqué encore, de la politique de gauche. Avec les résultats que l’on vient de s’offrir à Genève, on va plus faire dans la dentelle. La gauche de la gauche est en phase de reconstruction : vive la sociale ! Pagani, le combat social c’est son truc. Il est mandaté pour être à gauche, s’occuper de l’essentiel, de l’emploi, du logement, de la lutte contre la mendicité en ville… J’ai été pragmatique. Et ne me demande pas si je suis encore féministe, tu perdrais de ta crédibilité.
- T’es encore féministe ?
- C’est même pas une question qui fâche… Avec Catherine Gaillard et tant d’autres femmes de tous bords, je suis en lutte permanente contre le patriarcat, contre la société créée par et pour les hommes, contre le discours et la langue imposée par les hommes, et même si ces trente dernières années, nous avons vécu une immense révolution dont on ne calcule pas encore vraiment l’impact, on stagne encore à des années lumières de la société égalitaire à laquelle il n’est pas exagéré d’aspirer. Le rapport de domination hommes/femmes doit être aboli.
- C’est un combat spécifique aux femmes de gauche ?
T’es fâché avec la réflexion camarade ? La lutte contre la pauvreté, contre les injustices, est un combat féministe : les plus faibles, les plus fragiles dans toutes les sociétés, ce sont les femmes et leurs enfants.
- Donc tu t’es fait éjecter des " femmes en colère "… Note, elles disent que tu t’es auto éjectée.
- C’est un procès en sorcellerie. Ces dames ont décrété que je n’étais plus des leurs. Un échange de mails a suffi.
- Tu vas créer le mouvement des " femmes en rogne " pour garder le rythme…
- Je vais surtout éviter de te raconter ma vie si tu persistes à te marrer. La vérité est que nous ne parlons pas toujours du même féminisme. Mon féminisme je l’inclus dans la lutte des classes. Mon combat concret, c’est celui contre les violences domestiques, pour une assurance maternité, pour les femmes sans papiers, en faveur de l’action syndicale, contre la disparité dans le milieu du travail. Catherine, je l’ai pas vue dans ces combats. Pagani, il y a des années qu’il est sur la brèche. Pour la défense des intérimaires, des employées des petites entreprises ou des commerces. Je ne me trompe pas de priorités. Nous n’existons pas seulement dans un parlement ou un conseil municipal. Les femmes ont virtuellement acquis leurs droits politiques en Europe. Pas leurs droits sociaux ou économiques.
- Tu décris une gauche active et combative. Tu estimes donc que l’action politique de Catherine ne s’inscrit pas dans la lutte des classes ou pour plus de justice sociale ? Il n’empêche qu’elle était la tête de liste de l’AGT ! à Genève. C’est idiot, elle a été élue de solidaritéS pendant quatre ans, présidente du Conseil municipal et on découvre, parce qu’elle pète un plomb et s’étend dans les médias, sur tout le mal qu’elle pense de ses petits camarades, on découvre qu’elle n’est pas politiquement au point… On a l’air malin.
- Tu le fais exprès Linder ? Elle était tête de liste pour défendre notre programme, notre politique, pas pour faire une campagne personnelle. C’est pas la Star’Ac !
- T’énerves pas Salika…
- Ca me met en colère…
- Alors tout va bien.
- Non, on n’a pas les moyens de perdre des gens de qualité. D’ailleurs j’aimerais savoir comment Catherine Gaillard compte rester dans le groupe AGT ! Selon moi, rien ne justifie qu’elle continue à siéger. Et en plus, certains bruits laissent entendre qu’elle briguerait la présidence de la commission culturelle à la ville.
- Je suis toujours surpris de constater à quel point la gauche combative en Suisse arrondit les angles qui devraient être pointus.
- Ouais, mais bon, la camarade Gaillard, y a que l’assassinat politique virtuel qu’elle a pas encore essayé.

Genève: Rémy Pagani : je chausserais sans complexe les souliers du magistrat


Remy Pagani sera le candidat d’A Gauche Toute ! aux les élections des conseillers administratifs à Genève, le 29 avril. Il tentera, sur la liste de l’Alternative, avec deux socialistes et un vert, de préserver une majorité de gauche face aux partis de droite réunis au sein de l’Entente et une candidature UDC. Entretien.


Vous succéderiez à des conseillers administratifs de la gauche combative qui laissent des traces de leur passage et un héritage non négligeable. Que retenez-vous des mandats de Hédiger et Ferazino ?

Les deux ont été attentifs au développement et aux acquis d’une fonction publique de qualité. Contrairement au canton, la ville peut se targuer d’avoir maintenu le niveau nécessaire au service du public. Ça c’est une réalité tangible et efficace d’une politique progressiste, une gestion intelligente du capital humain.

Est-ce un pari particulier pour un syndicaliste professionnel ?

Si je suis élu, je chausserai sans complexe, les souliers du magistrat. L’expérience du terrain aidant, je serai en mesure d’harmoniser la fonction et les convictions. En matière d’emploi et de relations humaines par exemple, je défendrais des idées maîtresses de la gauche combative, la promotion des femmes, l’augmentation des postes d’apprentissage, la valorisation des capacités, une direction " collaborante ". Le système hiérarchique pyramidal devrait aussi évoluer : je préconiserais la constitution d’équipes de 20 à 30 personnes avec des délégations de pouvoir très importantes, des coordinateurs dont les mandats seraient renouvelables… La ville doit fonctionner comme une entreprise performante... au service du public.

Ce sera une élection difficile : A Gauche Toute ! a connu un échec redoutable aux municipales

Je veux marquer mon engagement. Si je perds, que ce soit au nom de mon encrage à gauche, et si je gagne, qu’il ne fasse aucun doute que je revendique ce positionnement. Cela ne m’empêcherait pas de travailler avec les conseillers élus par le peuple, mais je me positionnerais sans ambiguïté. Il faut par ailleurs assumer les mauvais résultats d’AGT ! et constater notre échec. Le nom n’est sans doute pas bon ou assez performant, nous n’avions pas non plus de magistrat pour mener la liste et nous ne devons pas nier que le corps électoral a favorisé les compromis politiques, un recentrage qui nous a été défavorable évidemment.
Pour des partis et organisations progressistes, il est difficile de faire face à l’individualisme forcené qui éloigne le citoyen de l’action militante ou sociale. Le citoyen est épuisé par l’impact de la vie professionnelle, sa vie sociale en est littéralement meurtrie… Il n’en demeure pas moins que je reste favorable à la création d’une organisation unique à la gauche du PS et des Verts ? Nous ne pourrons pas faire autrement que nous entendre. Le contraire est illusoire.
Mais notre ambition est essentielle. Comme ce fut le cas au Grand Conseil, notre absence ou notre marginalisation rendraient les Verts et le PS plus attentifs aux chants des sirènes de la droite. Dans la mesure où nous restons des partenaires crédibles, ils devront veiller à maintenir la barre à gauche autant que possible.


Vous ne manquez pas vraiment d’expérience pour briguer le poste

L’image du syndicaliste sans autre expérience ne s’applique pas à moi en effet. Au Grand Conseil, j’ai été directement intéressé aux dossiers fondamentaux en commission des travaux, législative, sociale et de l’aménagement du territoire. J’ai été aussi, pendant 10 ans, éducateur en charge d’enfants en grande difficulté, puis je me suis battu, avec un certain succès, pour la gestion d’un syndicat autogestionnaire. Je continue d’ailleurs à lutter pour un meilleur encadrement des personnes âgées et des projets immobiliers.

Vous n’êtes pas que syndicaliste d’ailleurs. Vous êtes aussi romancier

Le jour où les travailleurs auront le temps et l’énergie d’écrire un livre, la classe ouvrière sera libérée… Je ne sais plus qui a écrit ça. J’ai expérimenté l’écriture. C’est une manière de réfléchir et de…se réfléchir. Les travailleurs doivent en effet libérer le temps pour accéder aux arts. En racontant la vie des gens dans mes livres, je fais aussi de la politique. Je raconte mon univers.

(Rémy Pagani a écrit " Les Beaux jours reviendront ", " Confession d’un commissaire de police ", " Entre chien et loup ", " Etrange ballade ")

entretien, Gauchebdo, Suisse, Avril 2007

jeudi 15 mars 2007

Genève : l’expérience du Parti du Travail dans A Gauche toute !

A Gauche Toute ! n’est pas un parti politique. Qu’on se le dise, redise et que l’on se conforte à l’idée que l’alliance des partis et organisations à la gauche du PS et des Verts est le fruit de connivences intelligentes et de projets ambitieux pour une Suisse moins égoïste. Pour le reste, à chacun sa voie. Le Parti du Travail à Genève ne renie rien de ses sensibilités historiques : les luttes pour plus de justice et de protection sociales, pour les droits des travailleurs, pour la solidarité internationale, pour une participation efficace à la gestion des cantons ou des villes, pour la culture populaire, pour les droit humains fondamentaux à un logement décent, une retraite digne, une éducation et une formation de qualité… Sans doute partage-t-il ces ambitions avec d’autres, mais depuis plus de soixante ans, il marque par son originalité et sa ténacité les actions menées en faveur des moins favorisés.
Dans la plateforme A Gauche Toute ! qu’il a appelée de ses vœux, le PDT investit avec prudence le poids de son expérience : A Genève, depuis 1944, le parti a directement contribué à la qualité de vie des citoyens, sans faillir, opposant vindicatif face à la droite souvent méprisante ou acteur et gestionnaire efficace au sein des coalitions de gauche. Le PDT est un partenaire loyal et attentif, un associé cohérent dont les élus et les militants, souvent discrets et concentrés sur leur travail et leur mission, cherchent le résultat sans effets de manche, sans arrogance.
C’est la recherche de l’efficacité qui a poussé les dirigeants du PDT à promouvoir l’idée d’une nouvelle plateforme de la gauche radicale. Il s’agit clairement d’empêcher la droite de ruiner les efforts des élus progressistes, de contrecarrer les concentrations financières entre le Canton et la Ville, de conserver à la Cité son esprit et ses forces, d’assurer la qualité de vie pour tous, vraiment pour tous.
La dynamique d’alliance des forces de gauche constitue somme toute un bon exercice pour se préparer à assurer l’administration de la ville… ou durcir une stratégie d’opposition. Pendant des mois les dirigeants et les militants de quatre organisations (solidaritéS, les Communistes, PDT, Indépendants de gauche) se sont découverts puis ont défini un discours, un programme minimum mais essentiel d’entente et d’objectifs communs. Ils mènent campagne sur cette base. Et prendront leurs responsabilités si les électeurs leur en donnent l’occasion. Dans les faits, la plateforme AGT ! est candidate, là où elle se présente dans le canton de Genève, à toutes les opportunités. En ville de Genève, le maintien d’une majorité de gauche avec les socialistes et les Verts est possible, d’autant que, preuve en est faite si besoin était, la gestion financière de la gauche est suffisamment sage pour permettre le développement d’une ville sociale et conviviale plus rassurante que la ville inquiète et inquiétante que promet la droite.
Le PDT a démontré que la seule priorité possible est le bien-être de la population par des actes et des faits. Les actes qui rendent la ville ouverte aux citoyens, nouveaux ou anciens,suisses ou immigrés, les faits qui assurent la sécurité publique dans le respect de chacun. Quand il s’agira, si la gauche est appelée à diriger la cité, de choisir le ou les conseillers administratifs, le PDT apportera une fois encore le fruit de son expérience pour soutenir le ou les candidats adéquats, issus de ses rangs ou proches et efficaces venus d’une autre composante d’AGT ! Mais la priorité du parti des travailleurs demeure l’efficacité et le respect de la parole donnée.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, mars 2007

jeudi 22 février 2007

Genève : Eric Jost (AGT !): oui aux policiers citoyens !

« La sécurité est une chose trop sérieuse pour la laisser à la droite » Mi figue, mi raisin, Eric Jost, travailleur social et candidat AGT ! aux prochaines municipales à Genève est un pragmatique : « les outils pour assurer la sécurité de la population existent. Il convient de les utiliser avant de prétendre refaire le monde et imposer moins de liberté aux citoyens. L’essentiel n’est pas l’insécurité, l’essentiel c’est la sécurité. Et c’est ce qui différencie les discours effrayés des partis bourgeois et effrayants de l’extrême droite et le nôtre qui a l’ambition de bâtir une société, pas de l’encadrer dans un camp retranché. La sécurité, c’est l’humanisation, le relationnel, le lien social. C’est le retour des concierges dans certains immeubles, le développement des maisons de quartier, le déploiement des travailleurs sociaux hors murs, une redéfinition des fonctions et du rôle de la police avec cette absolue priorité : confirmer aux policiers leur citoyenneté, les intégrer naturellement à la communauté, concevoir une police de quartier, des îlotiers. Quand les gens se parlent, sont ensemble, se voient, ils gèrent la réalité sociale. »
« La tolérance zéro en matière de sécurité est un leurre, ajoute le candidat genevois d’AGT ! aux municipales… C’est surtout le niveau zéro de la politique et de l’honnêteté intellectuelle qu’atteignent les champions du « fais-moi peur ». Du PDC à l’UDC, les marchands de trouille font de la démagogie une façon de penser. »
Rlr
Gauchebdo, Suisse, février 2007

Genève : Guy Jousson : « je ne fais pas de politique, je fais des heures supplémentaires »

« Si le Pdt ne s’occupe pas de la défense des exclus, personne ne le fera ». Cette déclaration, hélas pas si péremptoire, date du mois de février 2003. Guy Jousson, conseiller municipal, s’entretenait avec Ramine Abadi de Gauchebdo dans le cadre de la campagne électorale municipale à Genève. Jousson faisait valoir « l’originalité sociale à visage humain » du Parti du Travail. Il s’attaquait à la direction de l’Hospice général « obnubilée par la réduction des dépenses et des coûts », à l’UDC dont la stratégie visait à « désespérer les gens », stigmatisait l’émergence d’ « une société à trois vitesses. Il y a ainsi les riches, les pauvres et enfin, les exclus ». « On ne s’est pas totalement investi dans l’éradication de l’exclusion à Genève. Le problème aurait du nous empêcher de dormir… on court derrière les problèmes de la pauvreté et de l’exclusion qui ont pris une ampleur exponentielle ces dernières années » ajoutait-il.
Il y a quatre ans, Guy Jousson préconisait une autre politique du logement, une action sociale à visage humain, la lutte en amont contre l’exclusion, le relèvement du minimum vital, décision cantonale qui nécessitait, selon lui, le positionnement et la pression des élus locaux.

Aujourd’hui il persiste, signe et augmente ses revendications pour une ville ouverte, intelligente et sociale. Thérapeute de famille, il répondait récemment à un de ses collègues qui découvrait son activité politique : « je ne fais pas de politique, je fais des heures supplémentaires. Si les questions sociales, les injustices flagrantes, les risques encourus par les genevois les plus fragiles étaient limités, je m’adonnerais à ma passion, le parapente ».
C’est la société en général que le conseiller municipal genevois tente de comprendre : « l’exemple du don d’organe est frappant. Il n’y a pas de donneur. Si vous n’êtes pas concerné ou confronté directement à la nécessité absolue d’un don d’organe, il y a peu de chance que vous ayez une carte de donneur dans votre portefeuille. Beau, riche, en bonne santé vous n’allez pas vous soucier du montant accordé par l’AI (Assurance Invalidité). Et il vous paraîtra injuste que l’on vous fasse remarquer que cela pourrait arriver à n’importe qui, de s’effondrer socialement, mentalement, physiquement. Vous ne vous souviendrez plus que l’AI est un droit, un héritage, le fruit des luttes pour plus de justice sociale… mais aussi que ce sigle est le signe du drame personnel. Je suis heureusement un homme serein…en colère. Parce que trop peu de gens se souviennent, par exemple, que les restos du Cœur, l’idée formidablement généreuse de Coluche, ne devaient exister que deux ans… et que l’on vient de dépasser leur vingtième anniversaire. Parce que les gens confondent une société individualisée avec une société individualiste. Dans le premier cas, chacun utilise ses chances pour progresser dans la communauté, la cité, le monde, dans le second chacun joue sa propre carte sans un regard pour celui qui l’accompagne ou le suit. Ce que j’affirme est à peine caricatural. »

La gauche genevoise, telle que Guy Jousson la conçoit n’est innocente de rien : « des Suisses pauvres m’ont expliqué leur vision de la politique d’aujourd’hui. Ils disent : « nous sommes soit orphelins, soit cocus. Orphelins parce que, vous, au Parti du Travail, vous avez découvert Porto Alegre et l’altermondialisme. Porto Alegre c’est loin, tellement loin que vous ne nous avez plus vu, nous qui sommes si près. Nous sommes orphelins du parti des travailleurs et des petites gens. Alors l’UDC a promis de nous prendre en considération. Nous avons voté UDC et nous constatons que les protections sociales s’effondrent sous les coups de Blocher et de ses amis. Nous sommes cocus. » Nous avons intérêt à plus nous tromper de priorités. Ni à l’occasion des municipales du 25 mars, ni plus tard. Tous les thèmes méritent plus que notre attention, notre investissement. Mais pas au rythme que tente d’imposer la droite. Les questions sécuritaires sont à l’agenda de la gauche. Sant autre état d’âme que la sécurité de la communauté dans son ensemble en commençant par les plus faibles. Les va-t-en-guerre de droite proposeront bientôt l’intervention de l’armée quand ils constateront que leurs solutions répressives ne fonctionnent pas parce qu’ils oublient l’essentiel : la source des problèmes, le logement rare, l’insécurité sociale et économique, l’acculturation… »

A Gauche Toute ! dont il est candidat le 25 mars sera un des fers de lance de cette politique de responsabilisation des citoyens. Guy Jousson s’inscrit dans la continuité de la politique sociale et pratique d’André Hédiger : « AGT ! réunit ce qui est commun à différentes organisations. C’est une alliance, une nouvelle démonstration de nos talents de compromis. Mais le parti du Travail n’est pas un parti de compromission. Nous sommes partants pour défendre les Citoyens de Genève sur un programme commun social ».
Gauchebdo, Suisse, Février 2007