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jeudi 29 novembre 2007

Suisse: A Genève, le mépris de gauche

Les fonctionnaires de la ville de Genève réclament leur du. Le conseil administratif (la mairie), majoritairement de gauche se laisse tirer l’oreille… Et les travailleurs de constater que le mépris n’est pas le triste privilège des patrons de droite.

Très courtois, le porte-parole de la camarade Salerno, la conseillère administrative socialiste chargée des finances à la ville de Genève. Courtois et efficace : « le Conseil administratif ne communique pas sur le problème posé par les fonctionnaires municipaux. Les négociations sont en cours. » Et d’ajouter : « on en parle tous les jours dans les médias, de cette affaire ».Oui mais non ! « On » en parle justement assez peu, dans les médias, des fonctionnaires municipaux genevois qui se demandent pourquoi quand « y a des sous, on reçoit rien de plus que quand y avait pas de sous ». Surtout, « on » ne les prend pas trop au sérieux. Ou pire, « on » les prend pour des fainéants privilégiés, des « je me la coule douce »… Les remarques acerbes, les phrases assassines pullulent pour dénoncer les agents du service public en général. C’est un sport dans un pays où, précisément, le service public fonctionne bien, au point d’intéresser le privé. Les projets d’externalisation de certains services que l’on prête au conseiller administratif radical Pierre Maudet, n’auraient pas de sens s’ils ne répondaient pas à une logique marchande. La confusion, installée entre la contestation de la qualité du travail des fonctionnaires et la logique libérale qui veut moins d’Etat au profit des entrepreneurs, fait son bonhomme de chemin. Il est plus facile, plus… communicant d’affirmer que le secteur privé coûte moins cher à la communauté, que le service public. Les fonctionnaires, par leur statut, seraient moins productifs. Haro donc sur les travailleurs du service public. L’argument connaît un succès retentissant. Il est erroné : le service public relève d’une logique incontournable: la communauté jouit d’une autonomie d’action, d’une indépendance parce que, précisément, les fonctionnaires ne dépendent pas d’une logique exclusivement financière. Aucune étude scientifique ne démontre qu’ils travaillent plus mal que d’autres, que leurs avantages sociaux ou leurs revenus ne coïncident pas, peu ou prou, avec ceux des autres salariés du pays. Comme par hasard, les services sociaux fatalement déficitaires n’intéressent pas les entrepreneurs. La récolte des amendes de circulation, oui.

Les fonctionnaires municipaux genevois rencontrés, n’en veulent pas à Pierre Maudet d’être lui-même : un adepte de l’économie de marché, un libéral pur sucre. Ils se montrent plus circonspects à l’égard des autres élus, des autres patrons de la ville de Genève : le vert Mugny, les socialistes Tornare et Salerno. Et même l’élu d’A Gauche Toute !, Remy Pagani. Pourtant ce dernier, fait ce qu’il peut. D’après certaines informations concordantes, il freine autant que possible, les pulsions purement gestionnaires des trois autres élus de gauche. Et le groupe municipal « A Gauche toute ! », menace de ne pas voter le budget si les revendications, jugées au minimum légitimes, des travailleurs ne sont pas rencontrées: ils réclament la reprise des mécanismes salariaux, la participation à l'assurance maladie et la redistribution d'une prime au personnel en rapport avec les comptes 2007. La ville de Genève réalise un excédent de plus de 47 millions de francs. Beaucoup plus selon certaine sources. Une manne… Rien pour les fonctionnaires qui depuis trois ans sont privés d’annuités statutaires parce que le budget était déficitaire. Pendant ce temps, au Locle, le budget modestement bénéficiaire profite aussi aux employés municipaux dont les revenus augmentent de 1%. C’est une question de culture politique sans doute, pas une question comptable. Au Locle, la gauche est de gauche. A Genève, la gauche est… de Genève.
Outre l’aspect purement financier, extrêmement important pour les bas salaires, la tension qui règne en ville de Genève est paraît-il palpable, selon la syndicaliste du SIT, Valérie Buchs : « il n’y a plus d’embauche et les prestations sont plus importantes. Les gens travaillent plus ». « Nous sommes exaspérés, explique un membre du « comité de grève » qui prépare l’arrêt de travail du 4 décembre. Salerno mène une politique antisociale. Nous ne demandons que le respect des statuts. N’importe qui, dans n’importe quelle profession, s’énerverait si une convention collective était bafouée. Sincèrement, nous ressentons du mépris de la part du Conseil administratif, et on ne peut pas s’empêcher de se dire que les patrons de gauche peuvent être pires que ceux de droite. Les pressions sur les travailleurs pour qu’ils ne débraient pas le 4 décembre sont nombreuses. Et ce n’est pas par hasard si je vous demande de ne pas citer mon nom ou ma fonction dans le journal. »… La colère des fonctionnaires, ce ne serait donc pas uniquement une histoire de sous…
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, Novembre 2007

mardi 30 octobre 2007

Suisse: les médias et la gauche: Cherchez l’erreur !

Les journaux romands jouent la transparence... à gauche. La "rocade" entre l'élue vaudoise du POP, Marianne Huguenin et ce "vieux-cheval-toujours-sur-le-retour", Josef Zisyadis, battu de 800 voix aux élections fédérales, tient lieu de roman d'automne dans la presse.
Un parti marginalisé par les électeurs fait les choux gras de la presse bourgeoise. Cherchez l’erreur ! Le PST/POP n’est pas à proprement parlé, sorti vainqueur des dernières élections fédérales. La seule élue de la gauche de la gauche, Marianne H.… est devenue le seul élu de la gauche de la gauche, Josef Z.. Et la presse commerciale, souvent de qualité, y trouve à la fois à redire mais aussi matière à faire la leçon « aux communistes » ou à « l’extrême gauche ». Elle aurait tort de se gêner la « grande presse », puisque la corde pour pendre la gauche combative est souvent gracieusement fournie par les militants.
La « pipolisation », la médiatisation des personnes au détriment de leurs idées pose problème. Surtout quand, comme c’est le cas chez les progressistes, les idées ne manquent pas. Encore faut-il ne pas dire que cela pose problème et, en même temps, prendre le risque d’en « remettre une couche » en se faisant aimablement manipuler. La presse fantasme toujours un petit peu à l’idée de jouer un vilain tour « à l’ogre communiste ». Les « petits meurtres entre amis de gauche » lui conviennent. Il ne s’agit pas d’un débat d’idées mais de l’utilisation des positions ou des états d’âme de nos propres amis… avec un objectif évident : décrédibiliser la gauche. C ’est dans l’air du temps. Il faut s’y faire mais ne pas s’y habituer.
Gauchebdo, bien moins puissant que la presse bourgeoise, suggère le débat au lieu des petites phrases assassines des uns et des autres. Nos colonnes sont ouvertes aux opinions et aux idées.
RLr, Gauchebdo, Suisse, Novembre 2007

samedi 20 octobre 2007

Suisse: Pour un programme commun minimum des gens de gauche

Mes divergences avec Josef Zisyadis (Z-blogue) sont nombreuses. Nous ne parlons pas toujours la même langue, lui, le dirigeant politique du PST le mieux élu depuis longtemps et moi, militant communiste genevois, membre permanent de la rédaction de Gauchebdo, journal dont il pense du mal.
A entendre le mot communisme, il sort son revolver (bien qu'il soit un adepte d'une Suisse sans armée et un pacifiste avéré) et moi mon drapeau rouge ( quoique je me félicite de l'existence d'une armée de conscrits et considère l'action armée comme une option extrême mais possible dans le combat pour plus de justice sociale). Il prône la création d'un grand petit parti à la gauche de la social démocratie pendant que j'imagine une force progressiste arrimée à un Parti du Travail communisant restructuré, refondé, réorganisé.
Mais l'hiver politique sera difficile et long en Suisse et partout ailleurs. Les convictions que je partage avec le chef du POP vaudois, contre le fascisme, pour la justice sociale, pour une société plus sereine et moins arrogante, constituent un "programme commun minimum", qui, s'il n'efface aucuns de nos désaccords ni nos conflits potentiels, impose le combat commun, l'alliance.
Il nous faudra bien du talent et une volonté politique avérée pour, dans les semaines à venir, au lendemain des élections et dans le flou qui caractérise le discours et l'action des partis de gauche dont le PST, ne pas faire semblant de rien, penser l'avenir, rebâtir une gauche combative sans être tentés par les règlements de compte primaires.
Je suis pour la refondation du Parti du Travail, pour son évolution vers un projet communiste moderne. Mais pas sans Zisyadis, Huguenin et tous ceux qui pensent autrement. Et s'il faut mettre de l'eau dans mon vin rouge pour contribuer à l'unité au sein du parti, j'en mettrai. De l'eau avec des bulles, de la minérale, pas de l'eau stagnante.

Le danger du fascisme n'est pas un leurre. Je fais partie de la génération des enfants du hasard, j'ai la mémoire...à vif . Je crois en la possibilité d'un monde meilleur, au bien commun plutôt qu'au bien individuel.
Le communisme d'avenir est une voie ambitieuse pour une société pacifiée. Tant pis pour ceux qui n'entendent par ce mot que le pire, alors qu'il n'a de sens que dans ce qu'il exprime de meilleur. Mes idées , et celles de mes camarades n'ont d'efficacité que dans la mesure où elles brisent le mur de l'indifférence de la population. Seuls nous ne sommes nulle part. Divisés, nous n'existont plus.

lundi 9 juillet 2007

Genève: Parti du Travail: La Réalité du Terrain, Camarade

Le Congrès extraordinaire du PDT a élu son benjamin au Comité Directeur, en la personne de Alexander I., 17 ans, de Meyrin. Sur son blog, Alexander se fécilite des décisions prises par le Congrès , particulièrement du choix d'une confortable majorité des délégués en faveur d'une liste du PdT en sous apparentement AGT! aux prochaines élections nationales. Dans son analyse des raisons qui ont nécessité et expliqué l'option choisie par le PdT, Alexander stigmatise les attitudes de certains partenaires, "solidaritéS" et les "Indépendants de Gauche" en la personne de son leader, Chrisitian Grobet. J'ai réagi à son article, cohérent et concret, en rappelant que, selon moi, la priorité absolue est la refondation du Parti. J'a voulu aussi souligner que les alliances, l'électoralisme sont des outils qu'Engels, Marx ou Lénine n'avaient pas sous estimés. Au nom de la réalité du terrain.

Le Grand Soir, Camarade, c’est un espoir raisonnable selon la pensée de Che Guevara : " soyez réalistes demandez l’impossible ". Mais la pensée marxiste met un bémol ou un préalable à cet enthousiasme. La réalité du terrain, cette… obsession des communistes et des marxistes rend la citation du Che plus pointue et plus exigeante qu’il n’y paraît.
J’ai lu avec attention ton compte-rendu du congrès extraordinaire du Parti du Travail à Genève. Je regrette que tu n’aies pas retenu l’expression de mon inquiétude quand à l’ouverture d’un " front " électoral alors que toutes nos forces devraient être concentrées sur les travaux de refondation organisationnelle, politique et idéologique du Parti. Je n’ai pas été suivi par le Congrès et je me plie donc aux décisions qu’il a prises. Il n’en demeure pas moins qu’il est à espérer que notre direction ne se trompe pas de priorité : c’est de l’intérieur que nous devons " retravailler " notre organisation.
L’alliance " A Gauche Toute ! " ne trouve pas grâce à tes yeux, et j’en critique sévèrement le fonctionnement, l’existence floue, les objectifs et les ambitions " personnalisés ", qui ne permettent pas à notre Parti d’y jouer pleinement son rôle. Mais il est important de situer notre part de responsabilité pour expliquer le danger que pourrait constituer l’alliance dans l’avenir, ou le danger qu’elle pourrait courir. Parce que la notion d’alliance est un objectif systématique du Parti. Cela ne date pas d’hier :
" la position des communistes à l'égard des partis ouvriers déjà constitués s'explique d'elle-même, et, partant, leur position à l'égard des chartistes en Angleterre et des réformateurs agraires dans l'Amérique du Nord.
Ils combattent pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière; mais dans le mouvement présent, ils défendent et représentent en même temps l'avenir du mouvement. En France, les communistes se rallient au Parti démocrate-socialiste contre la bourgeoisie conservatrice et radicale, tout en se réservant le droit de critiquer les phrases et les illusions léguées par la tradition révolutionnaire.
En Suisse, ils appuient les radicaux, sans méconnaître que ce parti se compose d'éléments contradictoires, moitié de démocrates socialistes, dans l'acception française du mot, moitié de bourgeois radicaux.
En Pologne, les communistes soutiennent le parti qui voit, dans une révolution agraire, la condition de l'affranchissement national, c'est-à-dire le parti qui fit, en 1846,l'insurrection de Cracovie.
En Allemagne, le Parti communiste lutte d'accord avec la bourgeoisie, toutes les fois que la bourgeoisie agit révolutionnairement contre la monarchie absolue, la propriété foncière féodale et la petite bourgeoisie.
…En somme, les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l'ordre social et politique existant. " (Marx, Engels, Manifeste du Parti Communiste)
Nous avons besoin de ces alliances électorales. C’est une évidence politique, une " réalité du terrain ". Nous avons aussi besoin de tenter de leur imposer notre stratégie, nos dynamiques. Si " solidaritéS " ou les Indépendants de Gauche à Genève, mènent le bal, nous devons faire front, pas se plaindre ou reprocher à l’un ou à l’autre de jouer sa propre carte. C’est insuffisant, inefficace…
Le choix du Congrès ne se suffit pas non plus à lui-même. Il doit s’accompagner de mesures dynamiques pour nous renforcer. Lénine écrivait :
" Le parlement est un produit du développement historique, que nous ne pouvons éliminer tant que nous ne sommes pas suffisamment forts pour dissoudre cette institution bourgeoise. "
Par extension, cette phrase est d’actualité en toutes circonstances pour les communistes…. Face à AGT ! ou tout autre forme d’association ou de regroupement. Tant que nous ne sommes pas assez forts pour réduire l’influence ou la nécessité d’une alliance, elle ne doit ni ne peut être dissoute ou éliminée.
Nous avons été trop peu attentifs à ce qui se passait dans l’alliance, à Genève et au niveau suisse… Nous avons sans doute oublié une autre phrase du Manifeste , prise hors contexte, mais néanmoins explicite, dont l’actualité est flagrante :
" Les communistes ne s'abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets... "
La réalité du terrain, Camarade, encore et toujours. Lénine toujours, si éloigné de notre possible dans ses méthodes mais plus actuel que jamais dans ses propos :
" Vous êtes bien naïfs, si vous vous imaginez que le jour de la victoire du prolétariat, les intellectuels, la classe moyenne, la petite bourgeoisie deviendront communistes (1920). "

Le fascisme de moins en moins rampant occupe le terrain partout en Suisse, ailleurs. Il constitue un danger immense. Nous avons la responsabilité de reprendre des forces pour mener le seul combat pour lequel nous existons, à l’exemple de nos aînés : le combat pour le socialisme, la liberté, la laïcité et contre la pensée et l’action réactionnaire et fasciste. Et je n’ai pas la certitude que ce combat, ces luttes ne soient que démocratiques ou pacifiques dans un proche avenir.
...

Ron Linder

dimanche 8 juillet 2007

Genève: "AGT!": Les gros bras dans un bac à sable

Gauchebdo titrait en une, dans son numéro du premier mai : " pour une gauche ambitieuse ". Nous allons sauvegarder l’article pour le premier mai de l’an prochain. Certains l’ont mal lu. La question que nous nous posions restera probablement d’actualité dans les mois qui viennent : " ne serons-nous bientôt que de folkloriques participants à la saga démocratique bourgeoise ? ". Cela me fait penser à une fable de Jean de la Fontaine, " Le Loup et l’Agneau ". Il y est question de " la raison du plus fort qui sera toujours la meilleure ". Le problème étant que, pour ce qui concerne nos partis, nos alliés, nos amis, le plus fort est d’une faiblesse infinie. Il faudra donc nous faire une raison : à défaut de jouer dans la cour des grands, d’y défendre l’essentiel, nous sommes condamnés à jouer les gros bras dans un bac à sable.
Les dirigeants de la gauche de la gauche sont-ils à ce point irresponsables ? Sont-ils propriétaires des voix des électeurs progressistes à Genève ou de l’espace qui leur est accordé par les citoyens ? C’est une tradition de la gauche combative que de chercher la petite bête chez les copains. Depuis la guerre, on ne compte plus les alliances avortées. Peut-être sommes-nous trop riches, trop… suisses pour être de gauche ? Parce qu’il faut quand même expliquer pourquoi les dirigeants de la gauche combative, si brillants par ailleurs, marchent à côté de leurs pantoufles dès qu’il s’agit d’être efficaces.
La décision du Parti du Travail de se présenter en sous apparentement aux élections fédérales n’est pas le dernier drame en date. Ce n’est d’ailleurs pas un drame. Juste un épiphénomène politique. Par contre, c’est une décision qui a pour origine une kyrielle de malentendus, de non dits, de divergences. Il faut remonter à ces problèmes originels pour consolider l’alliance électorale. Personne ne fera fi de l’Histoire ni des projets et des espoirs de chacun. La décision du Congrès du PdT n’est qu’un sous événement, un peu comme un… sous apparentement sous un label commun aux élections fédérales.

La Rédaction de Gauchebdo, Suisse, Juillet 2007
Genève:
"A Gauche Toute!": les raisons de la colère

C’est la crise à AGT ! Après les communistes, le Parti du Travail annonce qu’il se présentera en sous apparentement aux prochaines élections fédérales. Les " Indépendants de Gauche ", " solidaritéS " puis une assemblée d’AGT ! ont confirmé l’idée d’une liste unique.
La gauche de la gauche espère sauvegarder le siège de son élu genevois (Pierre Vanek de "solidaritéS"), l'automne prochain et préparer un retour en fanfare au Grand Conseil de Genève dans deux ans. Les objectifs sont communs, les méthodes et les tactiques préconisées sont divergeantes. Dans la plus pure tradition de la gauche, l'ambiance électrique n'anihile pas les chances de solutions plus ou moins efficaces ou précaires. Extraits d'entretiens par courriels et téléphone entre protagonistes des quatre bords.

Qu’y a-t-il d’insupportable ou de raisonnable dans le choix du PdT ?
Salika Wenger & Christian Grobet ( co-présidents des Indépendants de Gauche) (SW&CG) :
" A Gauche Toute ! "…est fondée sur une charte, comportant 13 engagements, adoptés à l’unanimité … lors d’une séance le 6 novembvre 2006… L’engagement le plus important est de présenter des listes communes pour les élections municipales, cantonales et fédérales… Sur la base… des engagements pris par les militants des quatre composantes formant AGT !, nous avons été pour le moins surpris de la décision du PdT de vouloir présenter une liste séparée pour l’élection au Conseil National, ce qui assurément décrédibiliserait les engagements pris publiquement envers notre électorat encore fragile.
Marie Eve Tejedor (secrétaire de " solidaritéS ") (MET) :
…Il s’agit de garder au minimum un siège "genevois" de la gauche de la gauche et de développer les grands thèmes qui nous unissent: contestation du capitalisme, du "tout-au-marché" et du diktat des profits, refus du démantèlement social et des privatisations, défense des salarié-e-s et des couches les plus défavorisées, lutte pour l’égalité des droits entre toutes et tous, étrangers et Suisses... refus de la politique social-libérale du PSS. Nous devons mobiliser un électorat populaire, lui donner des raisons de ne pas se tourner vers le MCG ou l’UDC… une liste unique… représente un espoir et a une crédibilité bien supérieure à l’addition des résultats de 4 listes distinctes et concurrentes, liées par un "sous-apparentement", qui relève plus d’un accord " technique", peu compréhensible par le grand public, que d’une manifestation de notre capacité d’engagement commun!...
Jérôme Béguin (secrétaire des " Communistes ") (JB) :
Les communistes et le Parti du Travail ont fait un choix raisonnable en proposant de présenter plusieurs listes sous-apparentées, comme le permet la loi électorale. Les différentes listes ont une dénomination commune et les voix s’additionnent. Ainsi, chaque composante peut mettre en avant son identité et ses propositions spécifiques, tout en faisant front commun.
Jean Luc Ardite (président du Parti du Travail) JLA :
Oui c’est la crise. Mais pas parce que le Congrès du PdT opte pour une formule à la fois unitaire et spécifique…Nous sommes favorables depuis toujours aux alliances électorales pour mieux défendre les " petits "…, nous voulons rester aussi nous-mêmes. Nous revendiquons notre appartenance à ce monde des " petits ". Nos partenaires, qui nous connaissent si bien pourtant ne se rendent pas compte que l’électoralisme n’est pas le seul moyen d’action auquel nos croyons... et que nous ne croyons pas en l’élitisme. Personne ne peut reprocher au PdT d’être calculateur, nous n’avons pas de candidat particulier à faire valoir. Elle est aussi là la crise : c’est comme au foot, nous voulons jouer collectif, d’autres ont un peu tendance à jouer " perso ". Dans la même équipe c’est toujours un problème. Dans le cas des élections fédérales, jouer collectif, c’est donner à tous les partenaires l’occasion de se montrer sous leur meilleur jour. Le sous apparentement c’est jouer collectif en assurant le résultat.

Pourquoi le sous-apparentement acceptable dans le canton de Vaud ne l’est-il pas à Genève ?
SW&CG :
La situation dans le canton de Vaud est totalement différente. Il n’y a pas eu de formation politique telle que l’Alliance de Gauche et jusqu’à présent, les diverses formations politiques à la gauche du PS n’ont fait que des apparentements occasionnels, qui sont récents…
MET :
solidaritéS-Vaud était favorable… à une liste commune. Mais les situations vaudoise et genevoise sont très différentes. A Genève, nous avons connu la division en 2005 et l’éviction du Grand Conseil… L’engagement pris de se présenter ensemble aux municipales, aux nationales, et enfin au Grand Conseil répond à une attente de la part des gens que nous défendons/représentons. C’est un engagement qu’on ne peut pas rompre à la légère, en affirmant qu’on se remettra ensemble pour le Grand Conseil "parce qu’on est bien obligés"… . Il me semble irresponsable politiquement, vis-à-vis de la population, de partir séparés dès que l’occasion se présente. L’union ne peut être à géométrie variable dans ce contexte, sauf à vouloir déboussoler complètement notre électorat.
JB :
Jusqu’à présent, le canton de Vaud représentait l’exemple à suivre. Il semblerait que la doctrine ait changé… Pourquoi ce qui est bon chez nos voisins ne le serait pas pour nous? A cette question, les représentants de solidaritéS et des Indépendants ne donnent pas de réponse crédible. Dans votre édition du 22 juin, Pierre Vanek explique qu’"à Genève, avec une liste commune, les relations avec la presse seraient simplifiées, notre crédibilité mieux assise". Il faudrait déjà arrêter de jeter le discrédit sur AGT! dans la presse comme cela a été fait après la proposition du PdT de faire un sous-apparentement.
JLA :
Ce qui est comparable entre Genève et Vaud c’est la volonté des camarades de maintenir le Parti. Dans le canton de Vaud, l’impact politique de Josef Zisyadis, le " fondateur " d’AGT ! et de cette philosophie à tendance " fusionniste " n’y change rien. Les Popistes sont logiques, ils cherchent l’équilibre et l’efficacité entre " alliance " et " différence ". Nous saluons leur approche optimiste et responsable.

Quels sont les cas de figure qui se présentent désormais ? L’alliance électorale est-elle en question ou doit-elle être renégociée ? La question électorale n’en pose-t-elle pas d’autres : l’organisation de l’alliance, sa dynamique, ses stratégies ? La vraie question n’est-elle pas que les partenaires au sein d’AGT ! se sont plus préoccupés de ce qui les sépare que de ce qui les uni ?
SW&CG :
AGT existe depuis moins d’une année. Le travail effectué en peu temps est remarquable. C’est quasiment seuls que nous avons lancé un double référendum sur les TPG et l’Aéroport ainsi que celui sur l’assistance publique (qui a hélas échoué de peu !). Dans le même temps il a bien entendu fallu se mobiliser avec des ressources humaines et financières limitées pour les élections des divers conseils Municipaux et pour les Conseils Administratifs. Tout cela nous a empêché d’approfondir les réflexions sur nos objectifs politiques et l’organisation de notre nouvelle formation politique. Nous devons indiscutablement poursuivre ce travail politique et améliorer notre fonctionnement. Par contre les principes de bases doivent être respectés. A défaut, c’est la pérennité d’AGT qui serait aléatoire.
MET :
solidaritéS maintient le cap de la liste commune AGT! avec celles et ceux qui souhaitent y participer, si des organisations persistaient à vouloir partir séparément, elles devraient assumer leur choix complètement. L’alliance électorale n’est pas à rediscuter maintenant au moment du dépôt des listes... Certes nous devons trouver des réponses nouvelles en matière d’organisation, de stratégie, de dynamique de cette alliance... Nous avons cherché, avec AGT !, à créer un cadre qui permette des débats politiques réels entre militant-e-s de nos organisations, plutôt que d’en rester à un simple cartel…c’est le sens de nos AGs de militant-e-s … notre adversaire c’est la droite: nous devons nous donner les moyens pour battre celle-ci en 2009 au Grand Conseil en y reprenant pied ensemble, en mettant l’accent sur ce qui nous unit. Cet objectif est central, pour le crédibiliser une liste aux Nationales qui fasse 10 ou 12 % est un atout qu’on ne saurait brader au nom de la volonté de chacun d’agiter son propre drapeau.
JB :
Les représentants de solidaritéS et des Indépendants doivent faire un effort, c’est une question de respect. S’ils refusent le sous-apparentement, ils porteront la responsabilité de la division et d’un probable échec.
JLA :
Je suis attentif à ce qui nous unit… collectivement. Et je ne sous-estime pas ce qui nous sépare… A Genève, nous avons une longue histoire commune entre militants de gauche… Pas toujours dans le même camp. La volonté constante du PdT de participer à des alliances politiques efficaces impose un minimum de réalisme. Je ne vis pas dans un monde de gentils progressistes qui s’offrent des fleurs tous les mercredis à la réunion d’AGT !. Je veux que mon parti soit respecté, que nos militants, qui ne sont peut-être pas tous des intellectuels ou des gens brillants, mais le plus souvent des gens courageux et dignes, soient respectés.
Nos partenaires doivent se faire à l’idée que, quand le congrès extraordinaire du PDT prend une décision, elle n’est pas négociable parce que quelques uns nous font la leçon dans les médias. La question des élections fédérales a été longuement débattue durant notre congrès. Quoi qu’en disent certains, elle est légitime.


Le PdT affirme la nécessité d’une meilleure visibilité politique pour expliquer la stratégie décidée par les délégués de son congrès extraordinaire. Cette absence de visibilité ne pose-t-elle pas des problèmes aux autres composantes ? AGT ! n’est-elles pas une " couverture " trop envahissante pour les partis de la gauche combative ?
SW&CG :
Rien n’empêche le Pdt de prendre toutes les initiatives politique qu’il souhaite à l’exclusion de listes électorales séparées conformément aux engagements qu’il a pris et à cet égard. D’ailleurs il n’a pas manqué de le faire comme il en a été de même pour les trois autres composantes d’AGT et nous ne voyons pas quel est le problème à ce sujet.
MET :
… AGT ! ne s’impose pas vraiment suffisamment pour le moment et c’est dommage! La volonté de "visibilité" du PdT est légitime, même si ce n’est pas forcément au moment des élections – et de ces élections à Genève - qu’il faut prioriser cet aspect… solidaritéS a plaidé pour que les appartenances soient indiquées sur les bulletins de vote, lors des élections municipales,… Les représentant-e-s du PdT s’y étaient opposés à l’époque... Des moyens existent… pour que chaque composante garde sa visibilité et puisse mettre en avant ses spécificités, sans pour autant faire liste à part. AGT ! peut être mise au service de la visibilité de ses organisations affiliées et servir celles-ci plus efficacement que des mini-campagnes séparées, avec un résultat décevant à la clé.
JB :
Soit nous décidons de faire un seul parti des quatre composantes et alors nous engageons un processus d’union, soit nous ne voulons faire d’AGT! qu’une alliance électorale. C’est la seconde solution qui est prônée actuellement par la quasi majorité. Dans ce cas, pour vivre nos partis respectifs ont besoin de s’affirmer régulièrement, d’où la nécessité de faire différentes listes aux élections fédérales. Aujourd’hui, ce qu’on nous propose c’est une alliance électorale dans laquelle nos partis ne peuvent pas exister. On nous propose une fusion sans alliance politique. Ce n’est pas une solution.
JLA :
AGT ! pose différents problèmes. Et le moindre est l’alliance électorale. Nous consacrons tous beaucoup de temps à un rassemblement dont la finalité n’est pas définie. Au détriment des activités pour notre parti. Et nous ne voulons ni d’un autre parti qui se créerait sans que ce soit dit, sur les ruines de nos organisations, ni d’autre chose qu’une alliance électorale… C’est compliqué. Il y a une confusion entre le projet national d’AGT !, un groupe parlementaire et son influence locale autre que technique et électorale. Dans AGT ! Genève, certains préparent l’avènement d’un nouveau parti politique. Nous ne sommes pas dupes.

Propos recueuillis, Gauchebdo, Suisse, Juillet 2007

jeudi 28 juin 2007

Genève: Communiqué de presse publié à l'issue du congrès extraordinaire du PdT 2007

Réuni le samedi 23 juin en congrès cantonal extraordinaire, le Parti du Travail a pris un certain nombre de décisions importantes, portant notamment sur son fonctionnement et sur sa stratégie pour les élections nationales.Concernant son fonctionnement, un nouveau trésorier a été nommé en la personne de Nelly Buntschu, ancienne Conseillère administrative de Vernier ; par ailleurs quatre jeunes camarades ont été élus pour le renforcement du Comité Directeur.Pour les élections nationales, les délégués, à une très large majorité, se sont prononcés pour une solution qui manifeste leur volonté de conserver une alliance de la gauche combative et qui a l’avantage d’additionner les forces des quatre composantes d’A Gauche Toute. Les délégués ont décidé la présentation d’une liste Parti du Travail, avec ses propres candidats, sous apparentée avec les 3 autres composantes d’A Gauche Toute.
source: http://www.pdt-ge.org/content/view/57/65/

samedi 23 juin 2007

congrès extraordinaire du Parti du Travail (Genève)" J’ai des questions à toutes les réponses " (W.Allen)

Contribution au congrès extraordinaire du Parti du Travail
Genève, le 23 juin 2007

Je suis de ceux qui ont souhaité ce congrès extraordinaire. Parce qu’il est un moment dans l’espace politique où le constat de l’échec ne suffit plus s’il ne crée pas les conditions de sa critique et ne déclenche pas une salutaire remise en question de notre fonctionnement et de nos choix. Parce que, quand les repaires idéologiques, historiques, structurels mais aussi nos objectifs ne sont plus discernables, par nous et par d’autres, quand notre identité, notre image, notre dynamique politique, notre spécificité s’estompent, nous risquons de perdre l’essentiel : notre sensibilité. Parce que nous courrons le risque de nous immiscer dans des circonvolutions velléitaires qui causeraient notre perte, au nom de fortes amitiés ou de traditions établies au point de ne plus être contestables ou contestées. Parce que nous sommes plus menacés de l’intérieur, par nous-mêmes, que de l’extérieur.
J’ai souhaité ce congrès extraordinaire pour contribuer à resituer le Parti du Travail dans sa réalité, dans son environnement, pour participer à une restructuration efficace, parce qu’il est plus qu’utile d’appeler un chat un chat.
Ma contribution est constructive, fraternelle avec l’espoir que l’intention des délégués de ce congrès et des militants qui y assistent est de permettre à notre organisation de reposer sur le socle de connaissances nécessaires à sa restructuration.


Communiste au sein du PdT
Je suis un militant communiste favorable au progrès collectif plutôt qu’au progrès égoïste. Je perçois le socialisme comme le recours des femmes et des hommes avides de solidarité, conscients des réalités, attentifs à ne pas laisser la liberté individuelle, apanage des puissants et des privilégiés, étouffer la vision collective de la société. J’adhère à cette citation de Karl Marx : " De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ". La philosophie de Marx est confondante de modernité. Il disait : " le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité "… " Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation "… " Par son exploitation du marché mondial, la bourgeoisie a rendu cosmopolites la production et la consommation ". Il publiait ces phrases sur la liberté individuelle et ses limites, sur les conflits, sur la mondialisation à la moitié du dix neuvième siècle. Il décrivait surtout une réalité incontestable et incontournable à propos de la société : " l’histoire de toute société…n’a été que l’histoire des luttes des classes ". Ces idées sont aujourd’hui battues en brèche par nos adversaires et ignorées par grand nombre d’entre nous. Relisons Marx, replaçons ses idées dans le contexte d’une Europe qui a cessé d’être le centre du monde. Mais surtout, recréons, réécrivons, au propre comme au figuré, les fondamentaux du communisme occidental.
Hélas, au Parti du Travail, et au PST dans son ensemble, le lien au marxisme est, pour beaucoup, au mieux, un lien…affectif, un souvenir. Pour d’autres, le communisme n’est plus qu’une marque disgracieuse ou honteuse d’allégeance quasi maléfique au bloc soviétique.
Alors on se souvient que le Parti fut créé par des communistes et des socialistes, que tous les militants n’étaient pas loin s’en faut, des moscoutaires convaincus… Tout cela est vrai, mais pourquoi confondre une phase de l’histoire du socialisme avec le projet communiste. Pourquoi " jeter le bébé avec l’eau du bain " ?
Parce que nous sommes ignorants. Parce que nous nous sommes laissés absorber par l’historiographie des " vainqueurs ", par leur vérité, par leur savoir-faire.
Plus que jamais, nous devons distinguer le bon grain de l’ivraie, ne plus laisser dissoudre les idées de progrès dans l’Histoire de l’échec du socialisme réel. Nos références sont inattaquables : l’action syndicale, les luttes ouvrières, les résistances aux oppresseurs, la solidarité avec les peuples en lutte pour leur autodétermination, les créations artistiques et culturelles, les sciences… La planète socialiste existe… il suffit de la rencontrer.
Reprenons les formations politique, historique, sociale, identifions nos besoins et rendons aux militants à la fois la fierté de savoir et la capacité d’agir en connaissance de cause.
Le professeur Jacques Nagels, de l’Université de Bruxelles, membre du parti communiste belge, simplifiait récemment les objectifs de la gauche combative, partout en Europe :

"Il faut mettre un arrêt aux privatisations et promouvoir des services
publics de qualité et efficients, il faut stopper la précarisation notamment en
renforçant la sécurité sociale, il faut des transports en commun gratuits et
efficaces, une fiscalité plus équitable. L’application de ces mesures concrètes
et partielles nous rapprochera du socialisme que j’appelle de mes vœux…
Le projet " socialiste " en URSS, en Europe de l’Est, en Chine, a été perverti.
L’expérience de la construction du socialisme a échoué. Cela discrédite-t-il toute
tentative de construire le socialisme ? La réponse est NON. Cette construction du socialisme doit prendre en compte les échecs du " socialisme réalisé " et, à partir de là, œuvrer pour un projet de socialisme authentique. C’est un socialisme démocratique qui non seulement prend en compte le verdict des urnes mais qui
de surcroît exerce un contrôle des électeurs sur les élus, qui recourt à des référendums d’initiative populaire quand des questions majeures se posent…
Un socialisme qui s’en prend frontalement au pouvoir exorbitant des grandes
entreprises multinationales et nationales… qui les oblige d’investir à l’intérieur de nos frontières et donc de créer de l’emploi…

N'est ce pas une exemple du possible? Pour tous, communistes ou socialistes de gauche ou encore militants chrétiens au sein du PdT/PST

Laïc au sein du PdT
Je suis un militant laïc, de cette laïcité qui provoque le sens humain de la critique, de la contradiction et du paradoxe. Et s’il n’est pas facile d’être communiste au Parti, il n’est pas simple non plus d’y être laïc. Cette réalité relève encore et toujours de ce flou qui règne à propos des grands thèmes et des grands sujets de société. Mais qu’on le veuille ou non,
faire l’impasse de ce qui nous caractérise ne peut que nous nuire.
Nous ne devons pas apprendre que l’histoire du mouvement ouvrier, il convient aussi de découvrir les projets sociétaux que le socialisme intègre et revendique.
Faisons de la laïcité un combat au nom de la liberté pour tous.

Pas de ravalement de façade
Le PdT a additionné les handicaps ces dernières années :

  • les événements de l’histoire à l’est lui ont été, comme à tous les partis communistes ou marxistes d’Europe, défavorables ;
  • le vieillissement de son encadrement a été aggravé par un " trou générationnel ". Le personnel politique du parti est réduit, faible et mal formé ;
  • l’affaiblissement structurel de la classe ouvrière traditionnelle n’a pas été appréhendé par la direction du parti ; la classe moyenne issue de cette classe ouvrière et les travailleurs du tertiaire n’ont pas suffisamment été pris en considération, pas plus que la jeunesse aux études ;
  • la sophistication des méthodes et techniques de communication a été sous évaluée puis s’est avérée trop coûteuse ;
  • les médias bourgeois sont hostiles au parti ou…célèbrent sa disparition imminente ;
  • la communication interne est limitée, la communication externe n’est pas développée ;
  • l’évolution du consumérisme et l’explosion des tendances individualistes ont rejeté le parti en marge du spectre politique, même dans ses bastions historiques ;
  • Les acquis sociaux ont été supplantés par les acquis individuels, relativisant l’esprit solidaire d’une majorité de citoyens ;
  • le militantisme politique est moins attractif contribuant à la fin de la " dynamique partisane ", l’absence de formation politique des militants a entraîné une paupérisation idéologique ;
  • l’offre électorale s’est étendue à la gauche du PS ;
  • l’offre solidaire et l’action sociale ne sont plus l’apanage de la gauche ;
  • le taux de syndicalisation reste désespérément bas ;
  • les conflits internes et au sein de la gauche combative freinent l’action partisane ;
    les alliances et mésalliances électorales ont rendu le parti perméable au pire comme au meilleur…

La liste n’est pas exhaustive.
Les solutions aux problèmes posés au Parti du Travail sont en priorité internes. Ce ne sont pas les alliances électorales, ou l’antipathie de la presse qui réduisent la visibilité d’un parti politique. Toutes les causes énoncées ci-dessus ne sont pas spécifiques à notre organisation, mais nous devons reconnaître que, pris par les urgences, nous n’avons pas été en mesure de prévoir les éléments perturbants qui, additionnés, nous fragilisent.

Faisons face.
Réévaluons les rôles et les fonctions de nos dirigeants. Créons les conditions d’un contrôle efficace du travail et de l’action de nos camarades désignés à des responsabilités. Un contrôle qui soit, d’abord et avant tout, un soutien.
Je suggère la création d’ateliers aux objectifs déterminés et aux missions définies dans le temps.

  • atelier " communication " (interne et externe) : organisation de la communication générale du parti, Encre Rouge mensuel, organisation des points presse, des contacts individuels avec les journalistes, contribution à Gauchebdo, communication électorale…
  • atelier " administratif " : comptabilité générale, administration, secrétariat, locaux, relations avec les institutions…
  • atelier " économie " : chargé de la recherche des fonds, finances, gestion du patrimoine…
  • atelier " politique " : formation, réflexion politique, négociations politiques, relations inter partis, relations avec les organisations syndicales…
  • atelier " militants " : relations avec les militants, actions nouveaux militants…
  • atelier " social " : bureau d’aide sociale et actions sociales…

L’idée, bien que nos forces soient faibles est de " professionnaliser " la structure. Le CD coopterait un membre de chaque atelier qui assurerait ainsi la communication et rendrait compte des progrès réalisés.


Au lendemain des élections municipales, j’étais favorable à la démission du Président du Parti. Il me semblait évident que Jean Luc Ardite n’était pas soutenu ni formé pour assumer la fonction. C’est une question de décence : un dirigeant isolé ou presque, littéralement " bombardé " dans la fonction, est en danger.
Je propose que Jean Luc, qu’il soit ou non maintenu dans sa fonction par le congrès, soit chargé d’une mission spécifique : les relations avec les jeunes adultes, travailleurs ou non.
Il faut mettre un terme à la " fonction évasive ", que ce soit pour un membre du CD ou un dirigeant actif. Et le moins que l’on puisse faire avant de laisser Jean Luc retourner au turbin, c’est de lui assurer une formation politique et une formation en communication.


" Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en occupe " (Voltaire)
A Gauche Toute ! n’est pas un joli titre pour une alliance électorale. C’est au mieux un bon slogan. A Genève, les négociations, puis les rencontres organisationnelles entre les représentants des partis de la plateforme étaient, selon mes informations et mes quelques participations, légèrement surréalistes. Je n’épiloguerai pas sur le sujet parce que j’accorde beaucoup plus d’importance à notre refondation qu’aux aspects pratiques d’une alliance qui me semble correspondre à des intérêts individuels et personnels. Par contre, mon souci des choix que le congrès fera pour consolider et moderniser le parti, au-delà d’une formation ou d’une ou l’autre activité, me pousse à questionner notre stratégie en matière d’alliance.
Les élections fédérales sont proches. Deux écoles s’opposent : la liste AGT !PdT avec apparentement et la liste unique AGT !.
Parce que je crois vital de nous réorganiser et de travailler à notre restructuration interne, parce qu’aussi, je ne suis pas persuadé que nous devions nous compter alors que nous allons peut-être entreprendre les " travaux d’Hercule " du PdT, je propose que, pour ce prochain scrutin, nous nous associons à la liste commune AGT ! Les réalités à Genève ne sont pas celle du canton de Vaud. Les forces en présence ne sont pas les mêmes. Par contre, nous devrions d’urgence remodeler notre stratégie d’alliance autour de thèmes forts et dénoncer le flou qui caractérise le fonctionnement d’AGT ! Un flou qui nous est très défavorable. Dans ce dossier encore, il ne me semble pas judicieux d’envoyer au front des camarades disposant de trop peu de latitudes pour faire évoluer le débat. Cette stratégie était intéressante à certains moments, elle ne l’est plus. Nous devons faire valoir notre dynamique.

(extraits)Ron Linder
militant du Pdt

vendredi 22 juin 2007

Suisse: Pierre Vanek, "A Gauche Toute!" et l’ambition nationale

Pierre Vanek, le conseiller national genevois se veut consensuel, réaliste et, à la veille du Congrès extraordinaire du Parti du Travail (Genève), raisonnablement inquiet à l’idée que les forces progressistes ne partent pas unies, sous le label " A Gauche Toute ! " pour les prochaines les élections fédérales (octobre 2007). La décision des Vaudois de se lancer avec deux listes "AGT !" ("POP" et "solidaritéS") apparentées le laisse perplexe: " A Genève, avec une liste commune, les relations avec la presse seraient simplifiées, notre crédibilité mieux assise et notre lisibilité plus cadrée. Si on part avec quatre têtes de listes, les gens ne comprendront pas. Dans l’absolu, il s’agit de créer une alliance nationale qui réunit les petits partis à la gauche du PS. Le localisme suisse nous pose problème: nous sommes essentiellement romands, le niveau de la politique nationale ne s’impose pas à nos organisations locales. Il me semble évident qu’un front s’impose, que nous n’attirerons pas les progressistes de Suisse alémanique si nous apparaissons divisés. Il est vrai que nous n’avons pas encore assez " travaillé " la Suisse allemande pour envisager une dynamique commune. Sans un élu alémanique, cette image nationale d’"AGT !" manquera. La bonne surprise pourrait venir de Zurich avec la Gauche alternative."

Nous devons apprendre à nous concentrer sur quelques objectifs
Le secrétaire de "solidaritéS", élu en 2003 sur la liste "Alliance de Gauche", semble conscient que la communication n’est pas le problème fondamental posé par la plate forme AGT !: " nous devons réapprendre à débattre, à fonctionner ensemble, à moderniser la gauche de la gauche. Il s’agit de construire une machine politique, de réunir les militants des organisations et de leur donner les moyens de décider l’action. Que ce soit au Parlement ou dans les batailles extérieures au Parlement, nous sommes tous au four et au moulin. c’est notre faiblesse. On en fait trop. Finalement, je suis un " mauvais parlementaire " : je me soucie de mon activité d’élu et en même temps je suis partie prenante aux luttes. Mais sans groupe parlementaire à Berne, c'est-à-dire cinq élus, nous ne disposons pas des moyens d’actions pour mieux gérer notre travail et, par conséquent soutenir mieux nos priorités. Nous devons apprendre à nous concentrer sur quelques objectifs. C’est aussi la cohésion entre les organisations qui s’impose. Nous pouvons caresser l’espoir de voir ce groupe parlementaire exister pour la prochaine législature : cinq élus sont possible, au moins un à Genève, deux dans le canton de Vaud, un à Neuchatel et un à Zurich. Mais c’est dans l’unité que les choses sont possibles... Si l’on tient compte des forces en présence, les 41% obtenus par le nom au référendum sur l’AI, c’est… carrément un succès. Les socialistes et l’"USS" nous ont rejoint sur le tard, on a réussi à changer le point de vue syndical sur les règles de l’AI. Au moins, nous avons fait barrage aux provocations de l’"UDC" sur les abus et sur ses volets ultra xénophobes. Par contre, nous avons du renoncer au référendum sur l’électricité et sa privatisation, nous n’avions pas les relais nationaux nécessaires… C’est pour moi une défaite redoutable. Le service public reste une lutte essentielle.

"AGT" c'est beaucoup mieux que rien!
On peut dire ce que l’on veut dans les partis de gauche, "AGT !" c’est loin d’être parfait, mais c’est beaucoup mieux que rien ! Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est une alliance. Par définition l’alliance électorale est ce que les partenaires qui la composent en font. Si cela ne convient pas, qu’ils la changent. "

propos recueillis, Gauchebdo, Suisse, Juin 2007