Les journaux romands jouent la transparence... à gauche. La "rocade" entre l'élue vaudoise du POP, Marianne Huguenin et ce "vieux-cheval-toujours-sur-le-retour", Josef Zisyadis, battu de 800 voix aux élections fédérales, tient lieu de roman d'automne dans la presse.
Un parti marginalisé par les électeurs fait les choux gras de la presse bourgeoise. Cherchez l’erreur ! Le PST/POP n’est pas à proprement parlé, sorti vainqueur des dernières élections fédérales. La seule élue de la gauche de la gauche, Marianne H.… est devenue le seul élu de la gauche de la gauche, Josef Z.. Et la presse commerciale, souvent de qualité, y trouve à la fois à redire mais aussi matière à faire la leçon « aux communistes » ou à « l’extrême gauche ». Elle aurait tort de se gêner la « grande presse », puisque la corde pour pendre la gauche combative est souvent gracieusement fournie par les militants.
La « pipolisation », la médiatisation des personnes au détriment de leurs idées pose problème. Surtout quand, comme c’est le cas chez les progressistes, les idées ne manquent pas. Encore faut-il ne pas dire que cela pose problème et, en même temps, prendre le risque d’en « remettre une couche » en se faisant aimablement manipuler. La presse fantasme toujours un petit peu à l’idée de jouer un vilain tour « à l’ogre communiste ». Les « petits meurtres entre amis de gauche » lui conviennent. Il ne s’agit pas d’un débat d’idées mais de l’utilisation des positions ou des états d’âme de nos propres amis… avec un objectif évident : décrédibiliser la gauche. C ’est dans l’air du temps. Il faut s’y faire mais ne pas s’y habituer.
Gauchebdo, bien moins puissant que la presse bourgeoise, suggère le débat au lieu des petites phrases assassines des uns et des autres. Nos colonnes sont ouvertes aux opinions et aux idées.
RLr, Gauchebdo, Suisse, Novembre 2007
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mardi 30 octobre 2007
Suisse: Le choix de Marianne
J’aime bien Marianne Huguenin. Son militantisme, les batailles politiques et publiques qu’elle a menées à tous les niveaux de responsabilités locales ou nationales en ont fait un personnage crédible et, dans toute l’acception du terme, honorable. Sa réélection au Parlement, dans la grisaille des résultats décevants pour notre Gauche, m’avait fait plaisir. Sa décision, exprimée dans une lettre ouverte sur le site du POP vaudois, de céder - mais confier serait le mot juste - son siège à Josef Zisyadis, révèle que la militante, la syndique de Renans a pour principale qualité d’être un être humain soucieux de ses limites.
Camarades, c’est à vous que cet éditorial s’adresse, nous parlons du seul et unique siège à gauche du parti socialiste. Un siège de survie, le temps de repenser notre action et de retourner auprès des citoyens pour expliquer pourquoi ils doivent nous faire confiance. Il ne s’agit pas seulement d’y poser ses fesses pendant quatre ans, c’est un poste d’observation et de combat. Marianne a décidé de faire front depuis sa ville de Renans pour freiner ou arrêter l’avance de l’extrême droite. Honni soit qui mal y pense. Sa décision est décente même si ses amis et ses supporters sont déçus. Il est vrai que si son successeur avait été n’importe qui sauf Josef Zisyadis, personne n’y aurait trouvé trop à redire.
Josef Z. ne fait pas l’unanimité parmi les siens, il est autant honni qu’aimé des médias bourgeois, et sa façon de faire énerve. Sans doute parce que son omniprésence, depuis tant d’années, a lassé celles et ceux qui voudrait voir cette gauche qu’il représente morte et enterrée.
Le désamour entre Josef Zisyadis et Gauchebdo est notoire. Mais nous ne nous trompons pas de combat. S’il est bien un homme susceptible de rendre service à la gauche combative, c’est Josef Zisyadis à Berne. Sa personnalité, son expérience… se tendance à se battre seul, son sens du spectacle et sa sensibilité politique en font un «sniper» idéal, un tireur embusqué en territoire ennemi. Le pacifiste qu’il est ne nous pardonnera sans doute pas ces références guerrières, mais l’essentiel est que le siège de Marianne, notre siège, soit bien défendu.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, novembre 2007
Camarades, c’est à vous que cet éditorial s’adresse, nous parlons du seul et unique siège à gauche du parti socialiste. Un siège de survie, le temps de repenser notre action et de retourner auprès des citoyens pour expliquer pourquoi ils doivent nous faire confiance. Il ne s’agit pas seulement d’y poser ses fesses pendant quatre ans, c’est un poste d’observation et de combat. Marianne a décidé de faire front depuis sa ville de Renans pour freiner ou arrêter l’avance de l’extrême droite. Honni soit qui mal y pense. Sa décision est décente même si ses amis et ses supporters sont déçus. Il est vrai que si son successeur avait été n’importe qui sauf Josef Zisyadis, personne n’y aurait trouvé trop à redire.
Josef Z. ne fait pas l’unanimité parmi les siens, il est autant honni qu’aimé des médias bourgeois, et sa façon de faire énerve. Sans doute parce que son omniprésence, depuis tant d’années, a lassé celles et ceux qui voudrait voir cette gauche qu’il représente morte et enterrée.
Le désamour entre Josef Zisyadis et Gauchebdo est notoire. Mais nous ne nous trompons pas de combat. S’il est bien un homme susceptible de rendre service à la gauche combative, c’est Josef Zisyadis à Berne. Sa personnalité, son expérience… se tendance à se battre seul, son sens du spectacle et sa sensibilité politique en font un «sniper» idéal, un tireur embusqué en territoire ennemi. Le pacifiste qu’il est ne nous pardonnera sans doute pas ces références guerrières, mais l’essentiel est que le siège de Marianne, notre siège, soit bien défendu.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, novembre 2007
Suisse: A la recherche du P.S.ychologiquement correct
Affaibli électoralement, le Parti socialiste suisse voudrait penser plus à gauche, plus social, pour reconquérir la vox populi qui lui échappe et lorgner encore et toujours sur sa droite pour rester, autant que faire se peut, dans la foulée des partis gouvernementaux. Il affiche une schizophrénie politique qui se veut pragmatique. Et « pragmatique », c’est le surnom que se donne en Suisse ou ailleurs, tout social démocrate qui se respecte. S’ils se laissaient aller à une quelconque inadéquate immodestie, certains socialistes s’afficheraient comme « Pragmatiques Sociaux », PS. Sauf que leur pragmatisme, parce que l’idée de plaire à tout le monde et de ratisser large après la déconvenue du 21 octobre ne les quitte pas, risque de les rendre moins attentifs encore aux revendications populaires et aux batailles à venir pour le maintien des acquis sociaux. Le pragmatisme des socialistes, au lendemain de leur défaite, se résume à reconsidérer leur « public-cible » et à le reconquérir. En laissant peut-être les plus marginaux, les citoyens les moins « économiquement centristes » succomber sous les slogans xénophobes et d’exclusion de l’UDC. Parce que, outre, la puissance communicatrice de l’UDC, ses budgets astronomiques, ses thèmes de campagne populistes, désastreux, ignominieux mais efficaces, ce qu’il conviendrait de retenir du scrutin fédéral, c’est l’absence de projets et de propositions des socio-démocrates. Ni projet de société, ni proposition sociale, économique, sociétale ou culturelle qui puisse voir le jour à court ou moyen terme. Et ce n’est pas un hasard. Le PS est un parti individualiste. Ses candidats ont mené des campagnes personnelles. L’image plus sociale des candidats romands était sans doute plus adéquate que le caractère urbain et bourgeois des discours de leurs collègues alémaniques, mais ce n’est pas le Parti socialiste qui a mené une campagne plus ou moins à gauche.
Le PSS fait presque cavalier seul à gauche de l’échiquier politique du pays. Les Verts glissent vers la droite malgré quelques résistances internes. L’extrême gauche et le PST survivent difficilement. Les mouvements alternatifs et syndicaux sont trop faibles. Garant autoproclamé des valeurs sociales et laïques, le PSS entend participer au pouvoir. En même temps, il est le relais législatif social indispensable pour empêcher, ou tenter d’empêcher, la droite de se vendre totalement aux patrons.
A moins que la gauche de la gauche ne retrouve au plus vite une place digne de ce nom dans le débat politique, rien ne changera. Et beaucoup dépendra, à gauche, d’un parti socialiste ballotant au gré des personnalités plus que des idées fondamentales. Pourtant, le PSS devra concevoir, créer son propre avenir. Nulle part, en Europe il ne trouvera une situation hégémonique équivalente à la sienne. Partout, à la gauche de la social démocratie, le mouvement social, alternatif ou politique est plus actif et mieux représenté qu’en Suisse.
Le SPD allemand, tente de se réveiller d’une longue période de compromission, de… pragmatisme pourrait-on écrire. L’émergence du parti résolument progressiste, Die Linke, rappelle les socio démocrates allemands à une autre forme de réalisme en revenant aux notions élémentaires de « socialisme démocratique » et d’ « Etat social prévoyant ». En Italie, le nouveau Parti démocrate doit compter avec des centrales syndicales et des partis communistes actifs. Même en Grande Bretagne, en Espagne ou en France, en Grèce, au Portugal, la social démocratie a des comptes à rendre à la gauche politique, associative ou syndicale. Aux Pays-Bas, en Belgique, dans les pays nordiques, se sont les syndicats qui, le cas échéant, rappellent les socialistes à l’ordre.
Le PSS se retrouve dans une de ces configurations historiques : revenir collectivement à des valeurs et des messages essentiels pour une justice sociale évidente dans un pays riche. Ce sera le prix à payer pour cesser de perdre. Au lieu du mot pragmatique, les camarades du PSS devraient peut-être s’intéresser à nouveau au terme : « solidaire ». C’est un mot très concret aussi, et, bien compris, très efficace.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, novembre 2007
Le PSS fait presque cavalier seul à gauche de l’échiquier politique du pays. Les Verts glissent vers la droite malgré quelques résistances internes. L’extrême gauche et le PST survivent difficilement. Les mouvements alternatifs et syndicaux sont trop faibles. Garant autoproclamé des valeurs sociales et laïques, le PSS entend participer au pouvoir. En même temps, il est le relais législatif social indispensable pour empêcher, ou tenter d’empêcher, la droite de se vendre totalement aux patrons.
A moins que la gauche de la gauche ne retrouve au plus vite une place digne de ce nom dans le débat politique, rien ne changera. Et beaucoup dépendra, à gauche, d’un parti socialiste ballotant au gré des personnalités plus que des idées fondamentales. Pourtant, le PSS devra concevoir, créer son propre avenir. Nulle part, en Europe il ne trouvera une situation hégémonique équivalente à la sienne. Partout, à la gauche de la social démocratie, le mouvement social, alternatif ou politique est plus actif et mieux représenté qu’en Suisse.
Le SPD allemand, tente de se réveiller d’une longue période de compromission, de… pragmatisme pourrait-on écrire. L’émergence du parti résolument progressiste, Die Linke, rappelle les socio démocrates allemands à une autre forme de réalisme en revenant aux notions élémentaires de « socialisme démocratique » et d’ « Etat social prévoyant ». En Italie, le nouveau Parti démocrate doit compter avec des centrales syndicales et des partis communistes actifs. Même en Grande Bretagne, en Espagne ou en France, en Grèce, au Portugal, la social démocratie a des comptes à rendre à la gauche politique, associative ou syndicale. Aux Pays-Bas, en Belgique, dans les pays nordiques, se sont les syndicats qui, le cas échéant, rappellent les socialistes à l’ordre.
Le PSS se retrouve dans une de ces configurations historiques : revenir collectivement à des valeurs et des messages essentiels pour une justice sociale évidente dans un pays riche. Ce sera le prix à payer pour cesser de perdre. Au lieu du mot pragmatique, les camarades du PSS devraient peut-être s’intéresser à nouveau au terme : « solidaire ». C’est un mot très concret aussi, et, bien compris, très efficace.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, novembre 2007
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Suisse: La gauche condamnée à exister
Tout est dit sur la défaite électorale des gauches, la victoire de la droite musclée, le tassement des conservateurs de toutes obédiences.Les médias du monde découvrent une Suisse encline à se vautrer dans la fange réactionnaire. Les neiges éternelles des sommets alpins seraient plus grises que blanches. Pourtant, s’il est vrai que Blocher a fait fureur le 21 octobre, les Suisses n’ont été que fidèles à eux-mêmes : résolument conservateurs. 70 % des électeurs n’ont pas voté à gauche. Comme d’habitude. La «ratatinade» de la petite gauche, nommons-la ainsi le temps qu’elle se remette de ses émotions, n’est qu’un épiphénomène qui s’inscrit parfaitement dans l’espace politique européen. L’ennui est que la pensée et l’idéologie de l’extrême droite pénètrent les esprits plus profondément encore que les résultats électoraux ne le laissent supposer, dans toutes les couchesde la population. Il est prévisible, désormais, que le raisonnement politique ne repose plus sur la recherche d’un consensus social quelconque. La grille de lecture de la vie politique se lira de droite à l’extrême droite et l’ultra-libéralisme fera office de mètre étalon de la pensée. La Suisse sera le laboratoire européen de l’Etat-au-service-de-la-finance-et-des-entrepreneurs. Dans ce laboratoire, les citoyens seront les cobayes.
Les gauches ont joué les seconds couteaux. Concurrents, socialistes et Verts ont cherché à se rendre crédibles… vus de droite. Les écologistes étaient meilleurs dans cet exercice et les électeurs socialistes ont peu apprécié l’encanaillement de leurs politiciens. Dans les cantons francophones où elle influence encore un tant soit peu la vie publique, la gauche de la gauche n’a pas inventé le fil à couper le beurre. L’honorable prestation du POPsol à Neuchâtel n’efface pas les résultats médiocres à Genève et dans le canton deVaud, ni les difficultés relationnelles entre les formations progressistes. La gauche combative a trop tendance à jouer les DonQuichotte dans un monde où les moulins à vent sont les immeubles sécurisés des entreprises du Swiss Market Index. Elle est condamnée à rejeter les règles du jeu imposées, sans coup férir par la droite, à présenter son propre agenda, à imposer le terrain d’action. Les grèves des ouvriers du bâtiment démontrent que les travailleurs ne restent pas inertes devant l’arrogance patronale.
Pour exister, la gauche doit, au moins, ne pas être l’ombre d’elle-même.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, Octobre 2007
Les gauches ont joué les seconds couteaux. Concurrents, socialistes et Verts ont cherché à se rendre crédibles… vus de droite. Les écologistes étaient meilleurs dans cet exercice et les électeurs socialistes ont peu apprécié l’encanaillement de leurs politiciens. Dans les cantons francophones où elle influence encore un tant soit peu la vie publique, la gauche de la gauche n’a pas inventé le fil à couper le beurre. L’honorable prestation du POPsol à Neuchâtel n’efface pas les résultats médiocres à Genève et dans le canton deVaud, ni les difficultés relationnelles entre les formations progressistes. La gauche combative a trop tendance à jouer les DonQuichotte dans un monde où les moulins à vent sont les immeubles sécurisés des entreprises du Swiss Market Index. Elle est condamnée à rejeter les règles du jeu imposées, sans coup férir par la droite, à présenter son propre agenda, à imposer le terrain d’action. Les grèves des ouvriers du bâtiment démontrent que les travailleurs ne restent pas inertes devant l’arrogance patronale.
Pour exister, la gauche doit, au moins, ne pas être l’ombre d’elle-même.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, Octobre 2007
dimanche 8 juillet 2007
Genève: "AGT!": Les gros bras dans un bac à sable
Gauchebdo titrait en une, dans son numéro du premier mai : " pour une gauche ambitieuse ". Nous allons sauvegarder l’article pour le premier mai de l’an prochain. Certains l’ont mal lu. La question que nous nous posions restera probablement d’actualité dans les mois qui viennent : " ne serons-nous bientôt que de folkloriques participants à la saga démocratique bourgeoise ? ". Cela me fait penser à une fable de Jean de la Fontaine, " Le Loup et l’Agneau ". Il y est question de " la raison du plus fort qui sera toujours la meilleure ". Le problème étant que, pour ce qui concerne nos partis, nos alliés, nos amis, le plus fort est d’une faiblesse infinie. Il faudra donc nous faire une raison : à défaut de jouer dans la cour des grands, d’y défendre l’essentiel, nous sommes condamnés à jouer les gros bras dans un bac à sable.
Les dirigeants de la gauche de la gauche sont-ils à ce point irresponsables ? Sont-ils propriétaires des voix des électeurs progressistes à Genève ou de l’espace qui leur est accordé par les citoyens ? C’est une tradition de la gauche combative que de chercher la petite bête chez les copains. Depuis la guerre, on ne compte plus les alliances avortées. Peut-être sommes-nous trop riches, trop… suisses pour être de gauche ? Parce qu’il faut quand même expliquer pourquoi les dirigeants de la gauche combative, si brillants par ailleurs, marchent à côté de leurs pantoufles dès qu’il s’agit d’être efficaces.
La décision du Parti du Travail de se présenter en sous apparentement aux élections fédérales n’est pas le dernier drame en date. Ce n’est d’ailleurs pas un drame. Juste un épiphénomène politique. Par contre, c’est une décision qui a pour origine une kyrielle de malentendus, de non dits, de divergences. Il faut remonter à ces problèmes originels pour consolider l’alliance électorale. Personne ne fera fi de l’Histoire ni des projets et des espoirs de chacun. La décision du Congrès du PdT n’est qu’un sous événement, un peu comme un… sous apparentement sous un label commun aux élections fédérales.
La Rédaction de Gauchebdo, Suisse, Juillet 2007
Les dirigeants de la gauche de la gauche sont-ils à ce point irresponsables ? Sont-ils propriétaires des voix des électeurs progressistes à Genève ou de l’espace qui leur est accordé par les citoyens ? C’est une tradition de la gauche combative que de chercher la petite bête chez les copains. Depuis la guerre, on ne compte plus les alliances avortées. Peut-être sommes-nous trop riches, trop… suisses pour être de gauche ? Parce qu’il faut quand même expliquer pourquoi les dirigeants de la gauche combative, si brillants par ailleurs, marchent à côté de leurs pantoufles dès qu’il s’agit d’être efficaces.
La décision du Parti du Travail de se présenter en sous apparentement aux élections fédérales n’est pas le dernier drame en date. Ce n’est d’ailleurs pas un drame. Juste un épiphénomène politique. Par contre, c’est une décision qui a pour origine une kyrielle de malentendus, de non dits, de divergences. Il faut remonter à ces problèmes originels pour consolider l’alliance électorale. Personne ne fera fi de l’Histoire ni des projets et des espoirs de chacun. La décision du Congrès du PdT n’est qu’un sous événement, un peu comme un… sous apparentement sous un label commun aux élections fédérales.
La Rédaction de Gauchebdo, Suisse, Juillet 2007
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A Gauche Toute,
Elections fédérales 2007,
Genève,
Parti du Travail
Genève:
"A Gauche Toute!": les raisons de la colère
C’est la crise à AGT ! Après les communistes, le Parti du Travail annonce qu’il se présentera en sous apparentement aux prochaines élections fédérales. Les " Indépendants de Gauche ", " solidaritéS " puis une assemblée d’AGT ! ont confirmé l’idée d’une liste unique.
La gauche de la gauche espère sauvegarder le siège de son élu genevois (Pierre Vanek de "solidaritéS"), l'automne prochain et préparer un retour en fanfare au Grand Conseil de Genève dans deux ans. Les objectifs sont communs, les méthodes et les tactiques préconisées sont divergeantes. Dans la plus pure tradition de la gauche, l'ambiance électrique n'anihile pas les chances de solutions plus ou moins efficaces ou précaires. Extraits d'entretiens par courriels et téléphone entre protagonistes des quatre bords.
Qu’y a-t-il d’insupportable ou de raisonnable dans le choix du PdT ?
Salika Wenger & Christian Grobet ( co-présidents des Indépendants de Gauche) (SW&CG) :
" A Gauche Toute ! "…est fondée sur une charte, comportant 13 engagements, adoptés à l’unanimité … lors d’une séance le 6 novembvre 2006… L’engagement le plus important est de présenter des listes communes pour les élections municipales, cantonales et fédérales… Sur la base… des engagements pris par les militants des quatre composantes formant AGT !, nous avons été pour le moins surpris de la décision du PdT de vouloir présenter une liste séparée pour l’élection au Conseil National, ce qui assurément décrédibiliserait les engagements pris publiquement envers notre électorat encore fragile.
Marie Eve Tejedor (secrétaire de " solidaritéS ") (MET) :
…Il s’agit de garder au minimum un siège "genevois" de la gauche de la gauche et de développer les grands thèmes qui nous unissent: contestation du capitalisme, du "tout-au-marché" et du diktat des profits, refus du démantèlement social et des privatisations, défense des salarié-e-s et des couches les plus défavorisées, lutte pour l’égalité des droits entre toutes et tous, étrangers et Suisses... refus de la politique social-libérale du PSS. Nous devons mobiliser un électorat populaire, lui donner des raisons de ne pas se tourner vers le MCG ou l’UDC… une liste unique… représente un espoir et a une crédibilité bien supérieure à l’addition des résultats de 4 listes distinctes et concurrentes, liées par un "sous-apparentement", qui relève plus d’un accord " technique", peu compréhensible par le grand public, que d’une manifestation de notre capacité d’engagement commun!...
Jérôme Béguin (secrétaire des " Communistes ") (JB) :
Les communistes et le Parti du Travail ont fait un choix raisonnable en proposant de présenter plusieurs listes sous-apparentées, comme le permet la loi électorale. Les différentes listes ont une dénomination commune et les voix s’additionnent. Ainsi, chaque composante peut mettre en avant son identité et ses propositions spécifiques, tout en faisant front commun.
Jean Luc Ardite (président du Parti du Travail) JLA :
Oui c’est la crise. Mais pas parce que le Congrès du PdT opte pour une formule à la fois unitaire et spécifique…Nous sommes favorables depuis toujours aux alliances électorales pour mieux défendre les " petits "…, nous voulons rester aussi nous-mêmes. Nous revendiquons notre appartenance à ce monde des " petits ". Nos partenaires, qui nous connaissent si bien pourtant ne se rendent pas compte que l’électoralisme n’est pas le seul moyen d’action auquel nos croyons... et que nous ne croyons pas en l’élitisme. Personne ne peut reprocher au PdT d’être calculateur, nous n’avons pas de candidat particulier à faire valoir. Elle est aussi là la crise : c’est comme au foot, nous voulons jouer collectif, d’autres ont un peu tendance à jouer " perso ". Dans la même équipe c’est toujours un problème. Dans le cas des élections fédérales, jouer collectif, c’est donner à tous les partenaires l’occasion de se montrer sous leur meilleur jour. Le sous apparentement c’est jouer collectif en assurant le résultat.
Pourquoi le sous-apparentement acceptable dans le canton de Vaud ne l’est-il pas à Genève ?
SW&CG :
La situation dans le canton de Vaud est totalement différente. Il n’y a pas eu de formation politique telle que l’Alliance de Gauche et jusqu’à présent, les diverses formations politiques à la gauche du PS n’ont fait que des apparentements occasionnels, qui sont récents…
MET :
solidaritéS-Vaud était favorable… à une liste commune. Mais les situations vaudoise et genevoise sont très différentes. A Genève, nous avons connu la division en 2005 et l’éviction du Grand Conseil… L’engagement pris de se présenter ensemble aux municipales, aux nationales, et enfin au Grand Conseil répond à une attente de la part des gens que nous défendons/représentons. C’est un engagement qu’on ne peut pas rompre à la légère, en affirmant qu’on se remettra ensemble pour le Grand Conseil "parce qu’on est bien obligés"… . Il me semble irresponsable politiquement, vis-à-vis de la population, de partir séparés dès que l’occasion se présente. L’union ne peut être à géométrie variable dans ce contexte, sauf à vouloir déboussoler complètement notre électorat.
JB :
Jusqu’à présent, le canton de Vaud représentait l’exemple à suivre. Il semblerait que la doctrine ait changé… Pourquoi ce qui est bon chez nos voisins ne le serait pas pour nous? A cette question, les représentants de solidaritéS et des Indépendants ne donnent pas de réponse crédible. Dans votre édition du 22 juin, Pierre Vanek explique qu’"à Genève, avec une liste commune, les relations avec la presse seraient simplifiées, notre crédibilité mieux assise". Il faudrait déjà arrêter de jeter le discrédit sur AGT! dans la presse comme cela a été fait après la proposition du PdT de faire un sous-apparentement.
JLA :
Ce qui est comparable entre Genève et Vaud c’est la volonté des camarades de maintenir le Parti. Dans le canton de Vaud, l’impact politique de Josef Zisyadis, le " fondateur " d’AGT ! et de cette philosophie à tendance " fusionniste " n’y change rien. Les Popistes sont logiques, ils cherchent l’équilibre et l’efficacité entre " alliance " et " différence ". Nous saluons leur approche optimiste et responsable.
Quels sont les cas de figure qui se présentent désormais ? L’alliance électorale est-elle en question ou doit-elle être renégociée ? La question électorale n’en pose-t-elle pas d’autres : l’organisation de l’alliance, sa dynamique, ses stratégies ? La vraie question n’est-elle pas que les partenaires au sein d’AGT ! se sont plus préoccupés de ce qui les sépare que de ce qui les uni ?
SW&CG :
AGT existe depuis moins d’une année. Le travail effectué en peu temps est remarquable. C’est quasiment seuls que nous avons lancé un double référendum sur les TPG et l’Aéroport ainsi que celui sur l’assistance publique (qui a hélas échoué de peu !). Dans le même temps il a bien entendu fallu se mobiliser avec des ressources humaines et financières limitées pour les élections des divers conseils Municipaux et pour les Conseils Administratifs. Tout cela nous a empêché d’approfondir les réflexions sur nos objectifs politiques et l’organisation de notre nouvelle formation politique. Nous devons indiscutablement poursuivre ce travail politique et améliorer notre fonctionnement. Par contre les principes de bases doivent être respectés. A défaut, c’est la pérennité d’AGT qui serait aléatoire.
MET :
solidaritéS maintient le cap de la liste commune AGT! avec celles et ceux qui souhaitent y participer, si des organisations persistaient à vouloir partir séparément, elles devraient assumer leur choix complètement. L’alliance électorale n’est pas à rediscuter maintenant au moment du dépôt des listes... Certes nous devons trouver des réponses nouvelles en matière d’organisation, de stratégie, de dynamique de cette alliance... Nous avons cherché, avec AGT !, à créer un cadre qui permette des débats politiques réels entre militant-e-s de nos organisations, plutôt que d’en rester à un simple cartel…c’est le sens de nos AGs de militant-e-s … notre adversaire c’est la droite: nous devons nous donner les moyens pour battre celle-ci en 2009 au Grand Conseil en y reprenant pied ensemble, en mettant l’accent sur ce qui nous unit. Cet objectif est central, pour le crédibiliser une liste aux Nationales qui fasse 10 ou 12 % est un atout qu’on ne saurait brader au nom de la volonté de chacun d’agiter son propre drapeau.
JB :
Les représentants de solidaritéS et des Indépendants doivent faire un effort, c’est une question de respect. S’ils refusent le sous-apparentement, ils porteront la responsabilité de la division et d’un probable échec.
JLA :
Je suis attentif à ce qui nous unit… collectivement. Et je ne sous-estime pas ce qui nous sépare… A Genève, nous avons une longue histoire commune entre militants de gauche… Pas toujours dans le même camp. La volonté constante du PdT de participer à des alliances politiques efficaces impose un minimum de réalisme. Je ne vis pas dans un monde de gentils progressistes qui s’offrent des fleurs tous les mercredis à la réunion d’AGT !. Je veux que mon parti soit respecté, que nos militants, qui ne sont peut-être pas tous des intellectuels ou des gens brillants, mais le plus souvent des gens courageux et dignes, soient respectés.
Nos partenaires doivent se faire à l’idée que, quand le congrès extraordinaire du PDT prend une décision, elle n’est pas négociable parce que quelques uns nous font la leçon dans les médias. La question des élections fédérales a été longuement débattue durant notre congrès. Quoi qu’en disent certains, elle est légitime.
Le PdT affirme la nécessité d’une meilleure visibilité politique pour expliquer la stratégie décidée par les délégués de son congrès extraordinaire. Cette absence de visibilité ne pose-t-elle pas des problèmes aux autres composantes ? AGT ! n’est-elles pas une " couverture " trop envahissante pour les partis de la gauche combative ?
SW&CG :
Rien n’empêche le Pdt de prendre toutes les initiatives politique qu’il souhaite à l’exclusion de listes électorales séparées conformément aux engagements qu’il a pris et à cet égard. D’ailleurs il n’a pas manqué de le faire comme il en a été de même pour les trois autres composantes d’AGT et nous ne voyons pas quel est le problème à ce sujet.
MET :
… AGT ! ne s’impose pas vraiment suffisamment pour le moment et c’est dommage! La volonté de "visibilité" du PdT est légitime, même si ce n’est pas forcément au moment des élections – et de ces élections à Genève - qu’il faut prioriser cet aspect… solidaritéS a plaidé pour que les appartenances soient indiquées sur les bulletins de vote, lors des élections municipales,… Les représentant-e-s du PdT s’y étaient opposés à l’époque... Des moyens existent… pour que chaque composante garde sa visibilité et puisse mettre en avant ses spécificités, sans pour autant faire liste à part. AGT ! peut être mise au service de la visibilité de ses organisations affiliées et servir celles-ci plus efficacement que des mini-campagnes séparées, avec un résultat décevant à la clé.
JB :
Soit nous décidons de faire un seul parti des quatre composantes et alors nous engageons un processus d’union, soit nous ne voulons faire d’AGT! qu’une alliance électorale. C’est la seconde solution qui est prônée actuellement par la quasi majorité. Dans ce cas, pour vivre nos partis respectifs ont besoin de s’affirmer régulièrement, d’où la nécessité de faire différentes listes aux élections fédérales. Aujourd’hui, ce qu’on nous propose c’est une alliance électorale dans laquelle nos partis ne peuvent pas exister. On nous propose une fusion sans alliance politique. Ce n’est pas une solution.
JLA :
AGT ! pose différents problèmes. Et le moindre est l’alliance électorale. Nous consacrons tous beaucoup de temps à un rassemblement dont la finalité n’est pas définie. Au détriment des activités pour notre parti. Et nous ne voulons ni d’un autre parti qui se créerait sans que ce soit dit, sur les ruines de nos organisations, ni d’autre chose qu’une alliance électorale… C’est compliqué. Il y a une confusion entre le projet national d’AGT !, un groupe parlementaire et son influence locale autre que technique et électorale. Dans AGT ! Genève, certains préparent l’avènement d’un nouveau parti politique. Nous ne sommes pas dupes.
Propos recueuillis, Gauchebdo, Suisse, Juillet 2007
"A Gauche Toute!": les raisons de la colère
C’est la crise à AGT ! Après les communistes, le Parti du Travail annonce qu’il se présentera en sous apparentement aux prochaines élections fédérales. Les " Indépendants de Gauche ", " solidaritéS " puis une assemblée d’AGT ! ont confirmé l’idée d’une liste unique.
La gauche de la gauche espère sauvegarder le siège de son élu genevois (Pierre Vanek de "solidaritéS"), l'automne prochain et préparer un retour en fanfare au Grand Conseil de Genève dans deux ans. Les objectifs sont communs, les méthodes et les tactiques préconisées sont divergeantes. Dans la plus pure tradition de la gauche, l'ambiance électrique n'anihile pas les chances de solutions plus ou moins efficaces ou précaires. Extraits d'entretiens par courriels et téléphone entre protagonistes des quatre bords.
Qu’y a-t-il d’insupportable ou de raisonnable dans le choix du PdT ?
Salika Wenger & Christian Grobet ( co-présidents des Indépendants de Gauche) (SW&CG) :
" A Gauche Toute ! "…est fondée sur une charte, comportant 13 engagements, adoptés à l’unanimité … lors d’une séance le 6 novembvre 2006… L’engagement le plus important est de présenter des listes communes pour les élections municipales, cantonales et fédérales… Sur la base… des engagements pris par les militants des quatre composantes formant AGT !, nous avons été pour le moins surpris de la décision du PdT de vouloir présenter une liste séparée pour l’élection au Conseil National, ce qui assurément décrédibiliserait les engagements pris publiquement envers notre électorat encore fragile.
Marie Eve Tejedor (secrétaire de " solidaritéS ") (MET) :
…Il s’agit de garder au minimum un siège "genevois" de la gauche de la gauche et de développer les grands thèmes qui nous unissent: contestation du capitalisme, du "tout-au-marché" et du diktat des profits, refus du démantèlement social et des privatisations, défense des salarié-e-s et des couches les plus défavorisées, lutte pour l’égalité des droits entre toutes et tous, étrangers et Suisses... refus de la politique social-libérale du PSS. Nous devons mobiliser un électorat populaire, lui donner des raisons de ne pas se tourner vers le MCG ou l’UDC… une liste unique… représente un espoir et a une crédibilité bien supérieure à l’addition des résultats de 4 listes distinctes et concurrentes, liées par un "sous-apparentement", qui relève plus d’un accord " technique", peu compréhensible par le grand public, que d’une manifestation de notre capacité d’engagement commun!...
Jérôme Béguin (secrétaire des " Communistes ") (JB) :
Les communistes et le Parti du Travail ont fait un choix raisonnable en proposant de présenter plusieurs listes sous-apparentées, comme le permet la loi électorale. Les différentes listes ont une dénomination commune et les voix s’additionnent. Ainsi, chaque composante peut mettre en avant son identité et ses propositions spécifiques, tout en faisant front commun.
Jean Luc Ardite (président du Parti du Travail) JLA :
Oui c’est la crise. Mais pas parce que le Congrès du PdT opte pour une formule à la fois unitaire et spécifique…Nous sommes favorables depuis toujours aux alliances électorales pour mieux défendre les " petits "…, nous voulons rester aussi nous-mêmes. Nous revendiquons notre appartenance à ce monde des " petits ". Nos partenaires, qui nous connaissent si bien pourtant ne se rendent pas compte que l’électoralisme n’est pas le seul moyen d’action auquel nos croyons... et que nous ne croyons pas en l’élitisme. Personne ne peut reprocher au PdT d’être calculateur, nous n’avons pas de candidat particulier à faire valoir. Elle est aussi là la crise : c’est comme au foot, nous voulons jouer collectif, d’autres ont un peu tendance à jouer " perso ". Dans la même équipe c’est toujours un problème. Dans le cas des élections fédérales, jouer collectif, c’est donner à tous les partenaires l’occasion de se montrer sous leur meilleur jour. Le sous apparentement c’est jouer collectif en assurant le résultat.
Pourquoi le sous-apparentement acceptable dans le canton de Vaud ne l’est-il pas à Genève ?
SW&CG :
La situation dans le canton de Vaud est totalement différente. Il n’y a pas eu de formation politique telle que l’Alliance de Gauche et jusqu’à présent, les diverses formations politiques à la gauche du PS n’ont fait que des apparentements occasionnels, qui sont récents…
MET :
solidaritéS-Vaud était favorable… à une liste commune. Mais les situations vaudoise et genevoise sont très différentes. A Genève, nous avons connu la division en 2005 et l’éviction du Grand Conseil… L’engagement pris de se présenter ensemble aux municipales, aux nationales, et enfin au Grand Conseil répond à une attente de la part des gens que nous défendons/représentons. C’est un engagement qu’on ne peut pas rompre à la légère, en affirmant qu’on se remettra ensemble pour le Grand Conseil "parce qu’on est bien obligés"… . Il me semble irresponsable politiquement, vis-à-vis de la population, de partir séparés dès que l’occasion se présente. L’union ne peut être à géométrie variable dans ce contexte, sauf à vouloir déboussoler complètement notre électorat.
JB :
Jusqu’à présent, le canton de Vaud représentait l’exemple à suivre. Il semblerait que la doctrine ait changé… Pourquoi ce qui est bon chez nos voisins ne le serait pas pour nous? A cette question, les représentants de solidaritéS et des Indépendants ne donnent pas de réponse crédible. Dans votre édition du 22 juin, Pierre Vanek explique qu’"à Genève, avec une liste commune, les relations avec la presse seraient simplifiées, notre crédibilité mieux assise". Il faudrait déjà arrêter de jeter le discrédit sur AGT! dans la presse comme cela a été fait après la proposition du PdT de faire un sous-apparentement.
JLA :
Ce qui est comparable entre Genève et Vaud c’est la volonté des camarades de maintenir le Parti. Dans le canton de Vaud, l’impact politique de Josef Zisyadis, le " fondateur " d’AGT ! et de cette philosophie à tendance " fusionniste " n’y change rien. Les Popistes sont logiques, ils cherchent l’équilibre et l’efficacité entre " alliance " et " différence ". Nous saluons leur approche optimiste et responsable.
Quels sont les cas de figure qui se présentent désormais ? L’alliance électorale est-elle en question ou doit-elle être renégociée ? La question électorale n’en pose-t-elle pas d’autres : l’organisation de l’alliance, sa dynamique, ses stratégies ? La vraie question n’est-elle pas que les partenaires au sein d’AGT ! se sont plus préoccupés de ce qui les sépare que de ce qui les uni ?
SW&CG :
AGT existe depuis moins d’une année. Le travail effectué en peu temps est remarquable. C’est quasiment seuls que nous avons lancé un double référendum sur les TPG et l’Aéroport ainsi que celui sur l’assistance publique (qui a hélas échoué de peu !). Dans le même temps il a bien entendu fallu se mobiliser avec des ressources humaines et financières limitées pour les élections des divers conseils Municipaux et pour les Conseils Administratifs. Tout cela nous a empêché d’approfondir les réflexions sur nos objectifs politiques et l’organisation de notre nouvelle formation politique. Nous devons indiscutablement poursuivre ce travail politique et améliorer notre fonctionnement. Par contre les principes de bases doivent être respectés. A défaut, c’est la pérennité d’AGT qui serait aléatoire.
MET :
solidaritéS maintient le cap de la liste commune AGT! avec celles et ceux qui souhaitent y participer, si des organisations persistaient à vouloir partir séparément, elles devraient assumer leur choix complètement. L’alliance électorale n’est pas à rediscuter maintenant au moment du dépôt des listes... Certes nous devons trouver des réponses nouvelles en matière d’organisation, de stratégie, de dynamique de cette alliance... Nous avons cherché, avec AGT !, à créer un cadre qui permette des débats politiques réels entre militant-e-s de nos organisations, plutôt que d’en rester à un simple cartel…c’est le sens de nos AGs de militant-e-s … notre adversaire c’est la droite: nous devons nous donner les moyens pour battre celle-ci en 2009 au Grand Conseil en y reprenant pied ensemble, en mettant l’accent sur ce qui nous unit. Cet objectif est central, pour le crédibiliser une liste aux Nationales qui fasse 10 ou 12 % est un atout qu’on ne saurait brader au nom de la volonté de chacun d’agiter son propre drapeau.
JB :
Les représentants de solidaritéS et des Indépendants doivent faire un effort, c’est une question de respect. S’ils refusent le sous-apparentement, ils porteront la responsabilité de la division et d’un probable échec.
JLA :
Je suis attentif à ce qui nous unit… collectivement. Et je ne sous-estime pas ce qui nous sépare… A Genève, nous avons une longue histoire commune entre militants de gauche… Pas toujours dans le même camp. La volonté constante du PdT de participer à des alliances politiques efficaces impose un minimum de réalisme. Je ne vis pas dans un monde de gentils progressistes qui s’offrent des fleurs tous les mercredis à la réunion d’AGT !. Je veux que mon parti soit respecté, que nos militants, qui ne sont peut-être pas tous des intellectuels ou des gens brillants, mais le plus souvent des gens courageux et dignes, soient respectés.
Nos partenaires doivent se faire à l’idée que, quand le congrès extraordinaire du PDT prend une décision, elle n’est pas négociable parce que quelques uns nous font la leçon dans les médias. La question des élections fédérales a été longuement débattue durant notre congrès. Quoi qu’en disent certains, elle est légitime.
Le PdT affirme la nécessité d’une meilleure visibilité politique pour expliquer la stratégie décidée par les délégués de son congrès extraordinaire. Cette absence de visibilité ne pose-t-elle pas des problèmes aux autres composantes ? AGT ! n’est-elles pas une " couverture " trop envahissante pour les partis de la gauche combative ?
SW&CG :
Rien n’empêche le Pdt de prendre toutes les initiatives politique qu’il souhaite à l’exclusion de listes électorales séparées conformément aux engagements qu’il a pris et à cet égard. D’ailleurs il n’a pas manqué de le faire comme il en a été de même pour les trois autres composantes d’AGT et nous ne voyons pas quel est le problème à ce sujet.
MET :
… AGT ! ne s’impose pas vraiment suffisamment pour le moment et c’est dommage! La volonté de "visibilité" du PdT est légitime, même si ce n’est pas forcément au moment des élections – et de ces élections à Genève - qu’il faut prioriser cet aspect… solidaritéS a plaidé pour que les appartenances soient indiquées sur les bulletins de vote, lors des élections municipales,… Les représentant-e-s du PdT s’y étaient opposés à l’époque... Des moyens existent… pour que chaque composante garde sa visibilité et puisse mettre en avant ses spécificités, sans pour autant faire liste à part. AGT ! peut être mise au service de la visibilité de ses organisations affiliées et servir celles-ci plus efficacement que des mini-campagnes séparées, avec un résultat décevant à la clé.
JB :
Soit nous décidons de faire un seul parti des quatre composantes et alors nous engageons un processus d’union, soit nous ne voulons faire d’AGT! qu’une alliance électorale. C’est la seconde solution qui est prônée actuellement par la quasi majorité. Dans ce cas, pour vivre nos partis respectifs ont besoin de s’affirmer régulièrement, d’où la nécessité de faire différentes listes aux élections fédérales. Aujourd’hui, ce qu’on nous propose c’est une alliance électorale dans laquelle nos partis ne peuvent pas exister. On nous propose une fusion sans alliance politique. Ce n’est pas une solution.
JLA :
AGT ! pose différents problèmes. Et le moindre est l’alliance électorale. Nous consacrons tous beaucoup de temps à un rassemblement dont la finalité n’est pas définie. Au détriment des activités pour notre parti. Et nous ne voulons ni d’un autre parti qui se créerait sans que ce soit dit, sur les ruines de nos organisations, ni d’autre chose qu’une alliance électorale… C’est compliqué. Il y a une confusion entre le projet national d’AGT !, un groupe parlementaire et son influence locale autre que technique et électorale. Dans AGT ! Genève, certains préparent l’avènement d’un nouveau parti politique. Nous ne sommes pas dupes.
Propos recueuillis, Gauchebdo, Suisse, Juillet 2007
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vendredi 22 juin 2007
Suisse: Pierre Vanek, "A Gauche Toute!" et l’ambition nationale
Pierre Vanek, le conseiller national genevois se veut consensuel, réaliste et, à la veille du Congrès extraordinaire du Parti du Travail (Genève), raisonnablement inquiet à l’idée que les forces progressistes ne partent pas unies, sous le label " A Gauche Toute ! " pour les prochaines les élections fédérales (octobre 2007). La décision des Vaudois de se lancer avec deux listes "AGT !" ("POP" et "solidaritéS") apparentées le laisse perplexe: " A Genève, avec une liste commune, les relations avec la presse seraient simplifiées, notre crédibilité mieux assise et notre lisibilité plus cadrée. Si on part avec quatre têtes de listes, les gens ne comprendront pas. Dans l’absolu, il s’agit de créer une alliance nationale qui réunit les petits partis à la gauche du PS. Le localisme suisse nous pose problème: nous sommes essentiellement romands, le niveau de la politique nationale ne s’impose pas à nos organisations locales. Il me semble évident qu’un front s’impose, que nous n’attirerons pas les progressistes de Suisse alémanique si nous apparaissons divisés. Il est vrai que nous n’avons pas encore assez " travaillé " la Suisse allemande pour envisager une dynamique commune. Sans un élu alémanique, cette image nationale d’"AGT !" manquera. La bonne surprise pourrait venir de Zurich avec la Gauche alternative."
Nous devons apprendre à nous concentrer sur quelques objectifs
Le secrétaire de "solidaritéS", élu en 2003 sur la liste "Alliance de Gauche", semble conscient que la communication n’est pas le problème fondamental posé par la plate forme AGT !: " nous devons réapprendre à débattre, à fonctionner ensemble, à moderniser la gauche de la gauche. Il s’agit de construire une machine politique, de réunir les militants des organisations et de leur donner les moyens de décider l’action. Que ce soit au Parlement ou dans les batailles extérieures au Parlement, nous sommes tous au four et au moulin. c’est notre faiblesse. On en fait trop. Finalement, je suis un " mauvais parlementaire " : je me soucie de mon activité d’élu et en même temps je suis partie prenante aux luttes. Mais sans groupe parlementaire à Berne, c'est-à-dire cinq élus, nous ne disposons pas des moyens d’actions pour mieux gérer notre travail et, par conséquent soutenir mieux nos priorités. Nous devons apprendre à nous concentrer sur quelques objectifs. C’est aussi la cohésion entre les organisations qui s’impose. Nous pouvons caresser l’espoir de voir ce groupe parlementaire exister pour la prochaine législature : cinq élus sont possible, au moins un à Genève, deux dans le canton de Vaud, un à Neuchatel et un à Zurich. Mais c’est dans l’unité que les choses sont possibles... Si l’on tient compte des forces en présence, les 41% obtenus par le nom au référendum sur l’AI, c’est… carrément un succès. Les socialistes et l’"USS" nous ont rejoint sur le tard, on a réussi à changer le point de vue syndical sur les règles de l’AI. Au moins, nous avons fait barrage aux provocations de l’"UDC" sur les abus et sur ses volets ultra xénophobes. Par contre, nous avons du renoncer au référendum sur l’électricité et sa privatisation, nous n’avions pas les relais nationaux nécessaires… C’est pour moi une défaite redoutable. Le service public reste une lutte essentielle.
Nous devons apprendre à nous concentrer sur quelques objectifs
Le secrétaire de "solidaritéS", élu en 2003 sur la liste "Alliance de Gauche", semble conscient que la communication n’est pas le problème fondamental posé par la plate forme AGT !: " nous devons réapprendre à débattre, à fonctionner ensemble, à moderniser la gauche de la gauche. Il s’agit de construire une machine politique, de réunir les militants des organisations et de leur donner les moyens de décider l’action. Que ce soit au Parlement ou dans les batailles extérieures au Parlement, nous sommes tous au four et au moulin. c’est notre faiblesse. On en fait trop. Finalement, je suis un " mauvais parlementaire " : je me soucie de mon activité d’élu et en même temps je suis partie prenante aux luttes. Mais sans groupe parlementaire à Berne, c'est-à-dire cinq élus, nous ne disposons pas des moyens d’actions pour mieux gérer notre travail et, par conséquent soutenir mieux nos priorités. Nous devons apprendre à nous concentrer sur quelques objectifs. C’est aussi la cohésion entre les organisations qui s’impose. Nous pouvons caresser l’espoir de voir ce groupe parlementaire exister pour la prochaine législature : cinq élus sont possible, au moins un à Genève, deux dans le canton de Vaud, un à Neuchatel et un à Zurich. Mais c’est dans l’unité que les choses sont possibles... Si l’on tient compte des forces en présence, les 41% obtenus par le nom au référendum sur l’AI, c’est… carrément un succès. Les socialistes et l’"USS" nous ont rejoint sur le tard, on a réussi à changer le point de vue syndical sur les règles de l’AI. Au moins, nous avons fait barrage aux provocations de l’"UDC" sur les abus et sur ses volets ultra xénophobes. Par contre, nous avons du renoncer au référendum sur l’électricité et sa privatisation, nous n’avions pas les relais nationaux nécessaires… C’est pour moi une défaite redoutable. Le service public reste une lutte essentielle.
"AGT" c'est beaucoup mieux que rien!
On peut dire ce que l’on veut dans les partis de gauche, "AGT !" c’est loin d’être parfait, mais c’est beaucoup mieux que rien ! Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est une alliance. Par définition l’alliance électorale est ce que les partenaires qui la composent en font. Si cela ne convient pas, qu’ils la changent. "
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