Le deuxième congrès d Parti de la Gauche européenne s’est réuni à Prague ce dernier weekend de novembre. Des organisations des différents horizons de la gauche communisante, écologique et altermondialiste ont tenté d’asseoir les bases d’une structure commune pour une Europe progressiste et sociale. Le Parti suisse du Travail est partenaire de l’initiative.
Des ambitions concrètes, une appréciation réaliste des forces actuelles de la gauche de la gauche européenne, voilà ce que retient du congrès de Prague, le nouveau délégué suisse à l’exécutif du Parti de la Gauche européenne (PGE), Norberto Crivelli : « J’ai bon espoir de voir grandir un véritable parti continental, plutôt qu’un club de partis dont les délégués se rencontrent pour discuter de tout et de rien. Lothar Bisky (Die Linke, Allemagne), le nouveau président du PGE propose une dynamique d’ouverture très nécessaire pour harmoniser des organisations aux antagonismes historiques. Il y a des crises à surmonter. Les 19 partis membres et les nombreux partis observateurs ne sont pas tous des partis communistes monolithiques, traditionnels. Le Bloc portugais, par exemple, ou la Gauche Unie espagnole sont froidement antagonistes des partis communistes, le PCP et le PCE. Ils ne le cachent pas. Cette franchise, au sein du PGE, rassure pourtant certains candidats à l’adhésion. Un délégué du parti des communistes italien (PdCI) me disait apprécier cette fédération de partis et de sensibilités. Nous avons des adversaires communs, des luttes communes, des projets communs. Cela doit être suffisant pour bâtir, ensemble, un parti européen influent. Sans pour autant nier nos différences et nos divergences. Ce que nous devrons apprendre, c’est à les relativiser. Tout le monde s’entend pour affirmer une nouvelle vision de la gauche, une vison refondatrice.»
A entendre le dirigeant du parti communiste tessinois, le PGE ressemble au PST : « Nous avons effectivement une expérience à mettre à la disposition du parti européen. Nous ne sommes pas les seuls. Mais notre système de sections cantonales très autonomes, des sensibilités politiques complémentaires ou, parfois, divergentes au sein d’une même organisation coïncide assez justement avec cette grande structure européenne qui se développe à la gauche du parti socialiste avec des communistes, des écologistes, mais aussi des socialistes de gauche ou des éléments très radicaux. Nous vivons cette réalité, au PST, depuis la création de notre parti, en 1944. Nous pourrions aussi apporter notre vécu et notre savoir pratique dans le domaine plus général du développement de la démocratie participative que revendique le PGE, au sein de l’Union européenne, qui se prononce dans l’immédiat pour des referendums sur l’avenir du projet européen. La situation du PST est évidement un peu particulière, au sein du PGE. Nous en sommes membres à part entière, totalement intégrés à la structure sans que notre pays ne soit membre de L’Union européenne. Dans bien des domaines spécifiques, la législation de l’Union par exemple, notre contribution est plus que limitée, mais d’un autre côté, nous jouissons d’une liberté d’appréciation de ce que nous entendons, ce qui peut être utile à nos camarades. Quoi qu’il en soit, l’avenir dira si nous sommes entendus, nous les représentants d’un petit parti, d’un petit pays. Mais encore une fois, j’ai confiance : nous sommes parmi les nôtres pour lutter pour le droit syndical, l’environnement, pour le monde agricole, pour une Europe des citoyens. »
Propos recueillis par Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, Novembre 2007
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jeudi 29 novembre 2007
jeudi 22 novembre 2007
Belgique : vers un gouvernement antisocial ?
Près de six mois sans gouvernement, la Belgique se découvre patiente et inquiète de son sort. La querelle linguistique prend des allures d'alibi: à quelle prix, le pays implosera-t-il ou non?
Le baobab linguistique cache une forêt socioéconomique, dont certains voudraient séparer les bois précieux des arbres appauvris par les maladies, tombant sous les coups de boutoir et les scies électriques de l’ultralibéralisme ou pourrissant sur pieds. L’histoire belge, dont on raconte les épisodes au fil du temps et des vaines négociations pour la formation d’un gouvernement, est sans doute une démonstration marquante de cette Europe qui se construit au nom de l’efficacité économique, l’Europe libérale, désormais souvent badigeonnée aux couleurs du chauvinisme et des nationalismes. La solidarité entre les peuples, les régions, les pays, dont l’Europe unie se fait la championne, n’est qu’un leurre : les discours conservateurs, populistes, autonomistes s’imposent partout ou presque sur le continent. Les revendications flamandes ne contredisent pas l’idée d’une Europe libérale ni le message qui confond solidarité et assistance.
la Flandre décisionnaire
A l’analyse, les coups de force flamands en matière linguistique, à la fois symboliques et virulents respectent la légalité : en refusant de nommer trois bourgmestres (maires) francophones des communes bilingues en régions flamande, en tentant d’imposer à 120.000 citoyens francophones l’obligation de ne voter que pour des candidats inscrits sur des listes flamandes, les élus néerlandophones bousculent quelques droits élémentaires des citoyens, mais font ce qu’ils ont promis à leurs électeurs : rendre la Flandre plus forte, plus décisionnaire. Quand les parlementaires flamands votent une résolution en faveur de la scission électorale et judiciaire entre Bruxelles et 35 communes flamandes de sa périphérie, ils tiennent parole.
Et la Flandre apprécie. Selon un récent sondage paru dans le quotidien De Standaard, les conservateurs sociaux-chrétiens et libéraux seraient confortés dans leur politique offensive au détriment…du Vlaams Belang, le parti fasciste, exclu des négociations, qui perdrait des voix au profit d’un ultra libéral, ancienne vedette du judo belge, Jean Marie De Decker. La gauche flamande, elle, serait en déroute. Les Flamands ne semblent pas applaudir à l’idée de « moins de Belgique » mais 70% des sondés souhaitent une Flandre plus autonome. Le fédéralisme belge a un prix qu’ils ne veulent, semble-t-il, plus assumer.
"Bruxelles sera leur Jérusalem"
Le transfert entre la Flandre, riche, et la Wallonie, appauvrie, s’élèverait à 10 milliards d’Euros par an. Les déséquilibres s‘inscrivent dans les domaines sociaux, fiscaux et de l’emploi. La fédéralisation de la Sécurité sociale sonnerait plus assurément le glas de la Belgique unie que n’importe quelle querelle linguistique. Le pays imploserait s’il perdait sa structure sociale. Tout le monde en est conscient, mais rien n’indique que les politiciens flamands ne courront pas ce risque. Les six mois de crise gouvernementale ont, en quelque sorte, préparé les Belges au pire.
Reste que les Flamands n’envisagent pas leur avenir sans Bruxelles, le poumon économique et stratégique du pays. Bruxelles et ses 85% de francophones. Le constitutionnaliste fédéraliste liégeois François Perrin, estimait, en des termes un peu messianiques, dans le quotidien « le Soir » qu’en aucun cas, les Flamands ne feraient l’impasse de la capitale de l’Europe : « Bruxelles sera leur Jérusalem. Les Flamands sont des pragmatiques astucieux, qui grappillent le maximum. Et des obsessionnels qui veulent Bruxelles comme capitale de la Flandre. Et sans jamais consulter la population, surtout ! Ils ont la volonté consciente de nier l’évidence francophone de Bruxelles. Pour eux, une enclave située dans le territoire flamand appartient de facto à la Flandre. Passionnelle, la question de Bruxelles ne peut être abordée par la raison. C’est leur grand rêve mythique ! »
Au pragmatisme de leurs voisins, les Francophones répondent par les envolées lyriques ou un humour décalé. Pas par des arguments scientifiques, et très peu par un projet politique structuré. Parmi les blagues qui circulent en Wallonie, il en est une qui situe assez justement, et sans élégance, l’estime que se portent les communautés :
Un jeune Flamand va se marier, alors son père lui fait la leçon :" N'oublie jamais que tu es Flamand, alors pour rentrer dans l'église, tu passes le premier, à 5 mètres devant tout le monde, car le Flamand est fier !Après la cérémonie et le repas, tu prends ta fiancée dans tes bras et tu la portes majestueusement jusqu'au lit nuptial, car le Flamand est fort ! Ensuite tu te mets tout nu et tu te places devant ta femme, car le Flamand est beau ! Et pour le reste, tu fais ce que tu as à faire... "Le lendemain du mariage, le jeune flamand fait le récit à son père:"Comme tu l'as dit, Père, je suis rentré le premier dans l'église, car le Flamand est fier ! J'ai porté ma femme jusqu'à la couche nuptiale, car le Flamand est fort!Je me suis mis tout nu devant elle, car le Flamand est beau !""Et ensuite "? demande le père."He bien, je me suis masturbé, car le Flamand est indépendant."
un libéralisme...unitaire?
Le Wallon fait de l’humour. Mais il est fauché. Et apparemment il ne peut pas trop compter sur ses politiciens pour résoudre la crise. Ce ne sont pas les manifestations bon enfant, les pétitions unitaires qui changeront les données du problème. Les Flamands, très majoritairement conservateurs, ont les atouts en main et ils jouent pour gagner. Il n’est d’ailleurs pas impossible que ce soit du côté de Liège, l’ancienne capitale de la métallurgie wallonne, qu’ils trouvent l’allié dont ils ont besoin pour dédramatiser la situation et « normaliser » le débat. L’allié pourrait s’appeler Didier Reynders, le chef de file des libéraux. Ce brillant économiste, ministre des finances dans l’actuel gouvernement, envisagerait sérieusement l'idée d'une réforme de l'Etat qui pourrait comprendre des avancées pour les régions en matière d'emploi et de fiscalité. C’est exactement ce que les dirigeants flamands exigent, des avancées qui réduiront la solidarité fédérale. La « coalition de l’orange bleue » qui réunirait principalement les libéraux et les démocrates chrétiens, s’entendrait sur les options conservatrices de gouvernement. De quoi inquiéter la gauche en détresse et impuissante: le Parti communiste, par exemple, soutient une initiative lancée par des syndicalistes affirmant refuser que le « principe de solidarité soit remplacé par la concurrence et l’égoïsme… ». Face à l’agressivité et l’esprit de décision des partis flamands, cette bonne volonté ne fait guère le poids. Il est vrai que la hargne politique d’Yves Leterme, le possible futur premier ministre, repose sur 800.000 voix de préférence aux dernières élections.
Si rien ne change, le conflit linguistique belge ressemblera de plus en plus à la fable de la Fontaine du « pot de terre contre le pot de fer ». La morale de la fable n’était guère rassurante. Le pot de terre vola en éclat.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, novembre 2007
Le baobab linguistique cache une forêt socioéconomique, dont certains voudraient séparer les bois précieux des arbres appauvris par les maladies, tombant sous les coups de boutoir et les scies électriques de l’ultralibéralisme ou pourrissant sur pieds. L’histoire belge, dont on raconte les épisodes au fil du temps et des vaines négociations pour la formation d’un gouvernement, est sans doute une démonstration marquante de cette Europe qui se construit au nom de l’efficacité économique, l’Europe libérale, désormais souvent badigeonnée aux couleurs du chauvinisme et des nationalismes. La solidarité entre les peuples, les régions, les pays, dont l’Europe unie se fait la championne, n’est qu’un leurre : les discours conservateurs, populistes, autonomistes s’imposent partout ou presque sur le continent. Les revendications flamandes ne contredisent pas l’idée d’une Europe libérale ni le message qui confond solidarité et assistance.
la Flandre décisionnaire
A l’analyse, les coups de force flamands en matière linguistique, à la fois symboliques et virulents respectent la légalité : en refusant de nommer trois bourgmestres (maires) francophones des communes bilingues en régions flamande, en tentant d’imposer à 120.000 citoyens francophones l’obligation de ne voter que pour des candidats inscrits sur des listes flamandes, les élus néerlandophones bousculent quelques droits élémentaires des citoyens, mais font ce qu’ils ont promis à leurs électeurs : rendre la Flandre plus forte, plus décisionnaire. Quand les parlementaires flamands votent une résolution en faveur de la scission électorale et judiciaire entre Bruxelles et 35 communes flamandes de sa périphérie, ils tiennent parole.
Et la Flandre apprécie. Selon un récent sondage paru dans le quotidien De Standaard, les conservateurs sociaux-chrétiens et libéraux seraient confortés dans leur politique offensive au détriment…du Vlaams Belang, le parti fasciste, exclu des négociations, qui perdrait des voix au profit d’un ultra libéral, ancienne vedette du judo belge, Jean Marie De Decker. La gauche flamande, elle, serait en déroute. Les Flamands ne semblent pas applaudir à l’idée de « moins de Belgique » mais 70% des sondés souhaitent une Flandre plus autonome. Le fédéralisme belge a un prix qu’ils ne veulent, semble-t-il, plus assumer.
"Bruxelles sera leur Jérusalem"
Le transfert entre la Flandre, riche, et la Wallonie, appauvrie, s’élèverait à 10 milliards d’Euros par an. Les déséquilibres s‘inscrivent dans les domaines sociaux, fiscaux et de l’emploi. La fédéralisation de la Sécurité sociale sonnerait plus assurément le glas de la Belgique unie que n’importe quelle querelle linguistique. Le pays imploserait s’il perdait sa structure sociale. Tout le monde en est conscient, mais rien n’indique que les politiciens flamands ne courront pas ce risque. Les six mois de crise gouvernementale ont, en quelque sorte, préparé les Belges au pire.
Reste que les Flamands n’envisagent pas leur avenir sans Bruxelles, le poumon économique et stratégique du pays. Bruxelles et ses 85% de francophones. Le constitutionnaliste fédéraliste liégeois François Perrin, estimait, en des termes un peu messianiques, dans le quotidien « le Soir » qu’en aucun cas, les Flamands ne feraient l’impasse de la capitale de l’Europe : « Bruxelles sera leur Jérusalem. Les Flamands sont des pragmatiques astucieux, qui grappillent le maximum. Et des obsessionnels qui veulent Bruxelles comme capitale de la Flandre. Et sans jamais consulter la population, surtout ! Ils ont la volonté consciente de nier l’évidence francophone de Bruxelles. Pour eux, une enclave située dans le territoire flamand appartient de facto à la Flandre. Passionnelle, la question de Bruxelles ne peut être abordée par la raison. C’est leur grand rêve mythique ! »
Au pragmatisme de leurs voisins, les Francophones répondent par les envolées lyriques ou un humour décalé. Pas par des arguments scientifiques, et très peu par un projet politique structuré. Parmi les blagues qui circulent en Wallonie, il en est une qui situe assez justement, et sans élégance, l’estime que se portent les communautés :
Un jeune Flamand va se marier, alors son père lui fait la leçon :" N'oublie jamais que tu es Flamand, alors pour rentrer dans l'église, tu passes le premier, à 5 mètres devant tout le monde, car le Flamand est fier !Après la cérémonie et le repas, tu prends ta fiancée dans tes bras et tu la portes majestueusement jusqu'au lit nuptial, car le Flamand est fort ! Ensuite tu te mets tout nu et tu te places devant ta femme, car le Flamand est beau ! Et pour le reste, tu fais ce que tu as à faire... "Le lendemain du mariage, le jeune flamand fait le récit à son père:"Comme tu l'as dit, Père, je suis rentré le premier dans l'église, car le Flamand est fier ! J'ai porté ma femme jusqu'à la couche nuptiale, car le Flamand est fort!Je me suis mis tout nu devant elle, car le Flamand est beau !""Et ensuite "? demande le père."He bien, je me suis masturbé, car le Flamand est indépendant."
un libéralisme...unitaire?
Le Wallon fait de l’humour. Mais il est fauché. Et apparemment il ne peut pas trop compter sur ses politiciens pour résoudre la crise. Ce ne sont pas les manifestations bon enfant, les pétitions unitaires qui changeront les données du problème. Les Flamands, très majoritairement conservateurs, ont les atouts en main et ils jouent pour gagner. Il n’est d’ailleurs pas impossible que ce soit du côté de Liège, l’ancienne capitale de la métallurgie wallonne, qu’ils trouvent l’allié dont ils ont besoin pour dédramatiser la situation et « normaliser » le débat. L’allié pourrait s’appeler Didier Reynders, le chef de file des libéraux. Ce brillant économiste, ministre des finances dans l’actuel gouvernement, envisagerait sérieusement l'idée d'une réforme de l'Etat qui pourrait comprendre des avancées pour les régions en matière d'emploi et de fiscalité. C’est exactement ce que les dirigeants flamands exigent, des avancées qui réduiront la solidarité fédérale. La « coalition de l’orange bleue » qui réunirait principalement les libéraux et les démocrates chrétiens, s’entendrait sur les options conservatrices de gouvernement. De quoi inquiéter la gauche en détresse et impuissante: le Parti communiste, par exemple, soutient une initiative lancée par des syndicalistes affirmant refuser que le « principe de solidarité soit remplacé par la concurrence et l’égoïsme… ». Face à l’agressivité et l’esprit de décision des partis flamands, cette bonne volonté ne fait guère le poids. Il est vrai que la hargne politique d’Yves Leterme, le possible futur premier ministre, repose sur 800.000 voix de préférence aux dernières élections.
Si rien ne change, le conflit linguistique belge ressemblera de plus en plus à la fable de la Fontaine du « pot de terre contre le pot de fer ». La morale de la fable n’était guère rassurante. Le pot de terre vola en éclat.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, novembre 2007
vendredi 4 mai 2007
Pologne:Maccarthisme et crétinisme d’Etat
Crypto fascisme : l’anticommunisme en guise de cache sexe
Aleksandra est cadre dans une entreprise américaine de travail intérimaire à Cracovie dans le sud de la Pologne. Comme nombre de ses compatriotes, la jeune femme, diplômée en Sciences politiques, islamologue, spécialiste de la Turquie, a pris un second travail d’appoint : elle est journaliste dans un quotidien provincial. Elle n’y traite pas de sujets stratégiques particuliers. Dernièrement, elle s’était attachée à décrire les talents d’un groupe de dentellières qui brodent des dessous féminins pour les plus belles boutiques ouest-européennes. " La dentelle est une tradition dans certains villages, explique la journaliste à temps partiel, mais plus personne ne veut de draps de lit brodés et même les robes de baptêmes ne rapportent plus de quoi nourrir les quelques dizaines de femmes qui perpétuent cet art raffiné. Quelques unes envisagèrent d’autres créneaux. Les dessous féminins sont les plus porteurs, et le top du top, c’est le string. Les dentellières revivent de leur savoir-faire. Et les curés des villages les soutiennent. La question s’était posée parce qu’elles sont toutes extrêmement croyantes et respectueuses de l’Eglise catholique." Aleksandra n’est pas de gauche, elle vote pour les libéraux. Catholique pratiquante, elle est aussi européenne…pratiquante tant elle croit en une Pologne vivifiée au sein de l’Union. Et c’est là que le bât blesse. Elle ne reconnaît plus sa Pologne : " Je n’envisage pas de quitter le payer comme tant de millions de mes compatriotes le font, parce que ma mère y vit encore. C’est l’unique raison. Pour le reste, je suis consciente de vivre dans un pays dirigé par des fous, mais plus grave, ces fous mettent en place une société rétrograde et dangereuse qui perdurera après les prochaines élections. Je suis née en 1967, je suis donc soumise, puisque je suis collaboratrice d’un journal, à cette loi de " lustration " qui m’impose de déclarer si j’ai été ou non une informatrice de la police secrète pendant l’ère communiste. Les gens nés avant 1972 occupant des fonctions dans 52 professions doivent se plier à cette règle imbécile, les universitaires, les journalistes, les archivistes, les policiers, les fonctionnaires, des avocats, des magistrats, les hommes d’affaires… C’est une loi scélérate parce qu’elle crée le doute entre les gens, elle ouvre des horizons aux ambitieux qui soupçonnent leurs aînés d’avoir été des agents de la police secrète… L’Eglise, à son plus haut niveau, a été touchée par cette réglementation. Le pire en fait, c’est que beaucoup de Polonais, trop de Polonais, s’adaptent à la situation, admettent ce régime absurde moraliste et moralisateur où la délation et le mépris sont les attributs du pouvoir. "
Les frères Kaczynski, président et premier ministre, fignolent une théorie politique étonnante : l’anticommunisme de droit divin. Au nom de la Pologne catholique, ils rêvent de corriger plus de quarante ans d’histoire de leur pays sans trop se soucier des siècles où il plia sous le joug de tous les dictateurs possibles et imaginables. Et pour cause, la Pologne immortelle de leurs fantasmes repose sur les dogmes les plus éculés imposés par le clergé le plus réactionnaire. L’anticommunisme est le cache sexe d’un projet de société qui ferait d’un membre de l’Union européenne, un exemple d’état crypto fasciste. La Pologne rêvée des frères Kaczynski, aurait l’odeur d’une démocratie, la couleur d’une démocratie, le goût d’une démocratie, mais assoirait les normes d’un pays moralement et mentalement fascisant. Les tentatives de durcir la loi sur l’interdiction de l’avortement, les discours officiels ou tolérés, antisémites, homophobes, xénophobes, les imprécations anti européennes, d’autant plus mal venues que la Pologne perçoit de l’Union 75 milliards d’Euros en dix ans, la tentation, si ce n’est militariste, en tout cas " militarisante " pro américaine et anti russe… les démonstrations de l’instauration d’un régime politique particulier ne manquent pas. L’opposition existe, à gauche, à droite, dans les médias ou dans l’église, mais cette phase de maccarthysme, la tétanise. Les victimes du système se multiplient, vilipendées par une presse odieuse. Le Père Tadeusz Rydzyk, le patron de Radio Marija, la station accusatrice et délatrice par excellence, serait traîné devant les tribunaux de n’importe quel pays ouest européen. En Pologne, il est considéré comme un homme d’influence un peu excessif… Les dirigeants des médias audiovisuels publics sont à la botte du régime…
La coalition gouvernementale de Jarozlaw Kaczynski qui réunit les extrémistes de la " Ligue des Familles " et d’ " Autodéfense " autour du Parti " Droit et Justice " joue les vierges effarouchées et dans un élan paranoïaque qui laisse perplexe certains de ses amis américains affirme qu’il existe une " conspiration " qui maintiendrait la Pologne sous le contrôle des ex communistes, des collaborateurs de l’ancien régime, des libéraux laïcs, des hommes d’affaires et des Russes ".
En attendant, en dix-huit mois, quatre ministres des finances, deux ministres des Affaires Etrangères, deux ministres de la Défense et deux Premiers ministres se sont succédés pour parer à l’essentiel : maintenir une image crédible de la Pologne à l’étranger. Dans les couloirs de l’Union européenne, parmi les mots qui fâchent, il y a le mot Pologne. A entendre les Polonais s’inquiéter de leur sort, c’est la moindre des choses.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, mai 2007
Aleksandra est cadre dans une entreprise américaine de travail intérimaire à Cracovie dans le sud de la Pologne. Comme nombre de ses compatriotes, la jeune femme, diplômée en Sciences politiques, islamologue, spécialiste de la Turquie, a pris un second travail d’appoint : elle est journaliste dans un quotidien provincial. Elle n’y traite pas de sujets stratégiques particuliers. Dernièrement, elle s’était attachée à décrire les talents d’un groupe de dentellières qui brodent des dessous féminins pour les plus belles boutiques ouest-européennes. " La dentelle est une tradition dans certains villages, explique la journaliste à temps partiel, mais plus personne ne veut de draps de lit brodés et même les robes de baptêmes ne rapportent plus de quoi nourrir les quelques dizaines de femmes qui perpétuent cet art raffiné. Quelques unes envisagèrent d’autres créneaux. Les dessous féminins sont les plus porteurs, et le top du top, c’est le string. Les dentellières revivent de leur savoir-faire. Et les curés des villages les soutiennent. La question s’était posée parce qu’elles sont toutes extrêmement croyantes et respectueuses de l’Eglise catholique." Aleksandra n’est pas de gauche, elle vote pour les libéraux. Catholique pratiquante, elle est aussi européenne…pratiquante tant elle croit en une Pologne vivifiée au sein de l’Union. Et c’est là que le bât blesse. Elle ne reconnaît plus sa Pologne : " Je n’envisage pas de quitter le payer comme tant de millions de mes compatriotes le font, parce que ma mère y vit encore. C’est l’unique raison. Pour le reste, je suis consciente de vivre dans un pays dirigé par des fous, mais plus grave, ces fous mettent en place une société rétrograde et dangereuse qui perdurera après les prochaines élections. Je suis née en 1967, je suis donc soumise, puisque je suis collaboratrice d’un journal, à cette loi de " lustration " qui m’impose de déclarer si j’ai été ou non une informatrice de la police secrète pendant l’ère communiste. Les gens nés avant 1972 occupant des fonctions dans 52 professions doivent se plier à cette règle imbécile, les universitaires, les journalistes, les archivistes, les policiers, les fonctionnaires, des avocats, des magistrats, les hommes d’affaires… C’est une loi scélérate parce qu’elle crée le doute entre les gens, elle ouvre des horizons aux ambitieux qui soupçonnent leurs aînés d’avoir été des agents de la police secrète… L’Eglise, à son plus haut niveau, a été touchée par cette réglementation. Le pire en fait, c’est que beaucoup de Polonais, trop de Polonais, s’adaptent à la situation, admettent ce régime absurde moraliste et moralisateur où la délation et le mépris sont les attributs du pouvoir. "
Les frères Kaczynski, président et premier ministre, fignolent une théorie politique étonnante : l’anticommunisme de droit divin. Au nom de la Pologne catholique, ils rêvent de corriger plus de quarante ans d’histoire de leur pays sans trop se soucier des siècles où il plia sous le joug de tous les dictateurs possibles et imaginables. Et pour cause, la Pologne immortelle de leurs fantasmes repose sur les dogmes les plus éculés imposés par le clergé le plus réactionnaire. L’anticommunisme est le cache sexe d’un projet de société qui ferait d’un membre de l’Union européenne, un exemple d’état crypto fasciste. La Pologne rêvée des frères Kaczynski, aurait l’odeur d’une démocratie, la couleur d’une démocratie, le goût d’une démocratie, mais assoirait les normes d’un pays moralement et mentalement fascisant. Les tentatives de durcir la loi sur l’interdiction de l’avortement, les discours officiels ou tolérés, antisémites, homophobes, xénophobes, les imprécations anti européennes, d’autant plus mal venues que la Pologne perçoit de l’Union 75 milliards d’Euros en dix ans, la tentation, si ce n’est militariste, en tout cas " militarisante " pro américaine et anti russe… les démonstrations de l’instauration d’un régime politique particulier ne manquent pas. L’opposition existe, à gauche, à droite, dans les médias ou dans l’église, mais cette phase de maccarthysme, la tétanise. Les victimes du système se multiplient, vilipendées par une presse odieuse. Le Père Tadeusz Rydzyk, le patron de Radio Marija, la station accusatrice et délatrice par excellence, serait traîné devant les tribunaux de n’importe quel pays ouest européen. En Pologne, il est considéré comme un homme d’influence un peu excessif… Les dirigeants des médias audiovisuels publics sont à la botte du régime…
La coalition gouvernementale de Jarozlaw Kaczynski qui réunit les extrémistes de la " Ligue des Familles " et d’ " Autodéfense " autour du Parti " Droit et Justice " joue les vierges effarouchées et dans un élan paranoïaque qui laisse perplexe certains de ses amis américains affirme qu’il existe une " conspiration " qui maintiendrait la Pologne sous le contrôle des ex communistes, des collaborateurs de l’ancien régime, des libéraux laïcs, des hommes d’affaires et des Russes ".
En attendant, en dix-huit mois, quatre ministres des finances, deux ministres des Affaires Etrangères, deux ministres de la Défense et deux Premiers ministres se sont succédés pour parer à l’essentiel : maintenir une image crédible de la Pologne à l’étranger. Dans les couloirs de l’Union européenne, parmi les mots qui fâchent, il y a le mot Pologne. A entendre les Polonais s’inquiéter de leur sort, c’est la moindre des choses.
Ron Linder, Gauchebdo, Suisse, mai 2007
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lundi 19 février 2007
Parlement européen: L’arbre fasciste qui cache la forêt d’extrême droite
Le groupe «Identité, Tradition, Souveraineté» voit le jour et met en valeur quelques personnages pitoyables. A vingt, ils se qualifient pour constituer un groupe parlementaire.
La constitution de la fraction d’extrême droite «Identité, Tradition, Souveraineté» au parlement européen est un non-événement par excellence. Les parlementaires fascisants, nationalistes, régionalistes, souverainistes, ultra cléricaux, anticommunistes, antieuropéens, populistes, de la droite dure, de la droite nationale, de la droite extrême foisonnent au Parlement Européen, au sein du groupe «Indépendance et Démocratie», ou parmi les députés de l’«Union pour l’Europe des Nations». C’est le cas des élus polonais de «Droit et Justice» et de la «Ligue des familles polonaises», des français du «Mouvement pour la France», des Britanniques du «Parti indépendant»… Il en restait quelques uns, interdits de séjour dans les fractions constituées parce que trop mal élevés ou trop… trop. Ce sont ces «bêtes de scène» qui forment désormais leur petit club, comme ce fut déjà le cas entre 1984 et 1994 sous la houlette de Jean-Marie Le Pen. Profitant de l’intégration des eurodéputés roumains et bulgares, Bruno Gollnish, bras droit de Jean-Marie Le Pen, récemment condamné pour ses propos négationnistes, préside une sinistre équipe de «bras cassés» dont la principale qualité pourrait être de ne pas s’aimer beaucoup. Quoi qu’il en soit, autour des sept élus du Front National français qui n’apprécient pas les gens de l’est qui «déferlent» sur le France, s’agglomèrent un britannique antiroumain, trois belges régionalistes flamands, deux italiens dont Alessandra Mussolini, un autrichien déjà nostalgique de Jörg Haïder et les nouveaux venus, cinq roumains et un bulgare. Si Marine Le Pen était à la recherche d’une respectabilité quelconque, ses nouveaux petits camarades à Bruxelles et Strasbourg vont grandement participer à la rendre plus sympathique encore auprès des modérés hésitants à la considérer comme «moins pire» que son père. Ses cinq confrères roumains sont issus du Parti de la Grande Roumanie, «Romania Mare», dont le chef incontesté Corneliu Vadim Tudor réclame la Bucovie ukrainienne et la Moldavie pour reconstituer la Grande Roumanie de ses rêves. Accessoirement il dénonce le péril magyar et considère que les juifs sont la source de tous les maux: «l’Occident capitaliste juif veut voler la Roumanie et l’a contaminée par des mœurs dissolues et le sida». Le seul représentant bulgare vient du parti nationaliste et populiste Ataka, fondé par un journaliste anticommuniste, Volen Siderov, xénophobe particulièrement antiturc, antirom, antigitan.
Ne pas se tromper d’adversaire
C’est la haine des autres qui unit ces vingt députés. Sur les 785 élus qui peuplent le parlement européen, ils pourraient n’être qu’un moindre mal. Ils ne constituent pas un danger immédiat, ils servent une droite dite modérée, plus arrogante que jamais, dont l’aile la plus réactionnaire n’est guère éloignée de ces excessifs qui dérangent sans doute, mais dont le fonds de commerce ne pose pas de problème: l’extrême droite ne remet pas en question l’ultralibéralisme qui prévaut chez les conservateurs, même si elle en conteste la vision européenne ou mondiale. Après tout, la fraction «Identité, Tradition, Souveraineté» «est opposée à une Europe unitaire, bureaucratique et à un super état européen et s’engage en faveur de la famille traditionnelle en tant que trait d’union naturel de la société».
Combattre l’extrême droite est la moindre des obligations pour les progressistes, mais pas au risque de se tromper d’adversaire: il y a vingt ans déjà, le chasseur de nazis Simon Wiesenthal mettait en garde contre le danger de laisser diffuser la discours de la droite extrême dans les milieux conservateurs et modérés. Il n'est pas superflu de reconsidérer l’avertissement. Dans les milieux dirigeants, partout en Europe, en Suisse aussi, au nom d’une gestion «responsable», les discours et les engagements les plus contestables s’actualisent: la remise en question des lois les plus solidaires, l’insistance pesante des préférences nationales, la limitation des services publics réunissent les conditions d’une société dont l’individualisme est le cheval de bataille. Entre ceux qui hurlent avec les loups de Roumanie, de Bulgarie ou de Flandre et ceux qui sapent les acquis sociaux et recréent d’autres frontières parce qu’ils disent le droit en divisant les citoyens, il existe une communauté idéologique.
Dan Rajtberger
Gauchebdo, Suisse, février 2007
La constitution de la fraction d’extrême droite «Identité, Tradition, Souveraineté» au parlement européen est un non-événement par excellence. Les parlementaires fascisants, nationalistes, régionalistes, souverainistes, ultra cléricaux, anticommunistes, antieuropéens, populistes, de la droite dure, de la droite nationale, de la droite extrême foisonnent au Parlement Européen, au sein du groupe «Indépendance et Démocratie», ou parmi les députés de l’«Union pour l’Europe des Nations». C’est le cas des élus polonais de «Droit et Justice» et de la «Ligue des familles polonaises», des français du «Mouvement pour la France», des Britanniques du «Parti indépendant»… Il en restait quelques uns, interdits de séjour dans les fractions constituées parce que trop mal élevés ou trop… trop. Ce sont ces «bêtes de scène» qui forment désormais leur petit club, comme ce fut déjà le cas entre 1984 et 1994 sous la houlette de Jean-Marie Le Pen. Profitant de l’intégration des eurodéputés roumains et bulgares, Bruno Gollnish, bras droit de Jean-Marie Le Pen, récemment condamné pour ses propos négationnistes, préside une sinistre équipe de «bras cassés» dont la principale qualité pourrait être de ne pas s’aimer beaucoup. Quoi qu’il en soit, autour des sept élus du Front National français qui n’apprécient pas les gens de l’est qui «déferlent» sur le France, s’agglomèrent un britannique antiroumain, trois belges régionalistes flamands, deux italiens dont Alessandra Mussolini, un autrichien déjà nostalgique de Jörg Haïder et les nouveaux venus, cinq roumains et un bulgare. Si Marine Le Pen était à la recherche d’une respectabilité quelconque, ses nouveaux petits camarades à Bruxelles et Strasbourg vont grandement participer à la rendre plus sympathique encore auprès des modérés hésitants à la considérer comme «moins pire» que son père. Ses cinq confrères roumains sont issus du Parti de la Grande Roumanie, «Romania Mare», dont le chef incontesté Corneliu Vadim Tudor réclame la Bucovie ukrainienne et la Moldavie pour reconstituer la Grande Roumanie de ses rêves. Accessoirement il dénonce le péril magyar et considère que les juifs sont la source de tous les maux: «l’Occident capitaliste juif veut voler la Roumanie et l’a contaminée par des mœurs dissolues et le sida». Le seul représentant bulgare vient du parti nationaliste et populiste Ataka, fondé par un journaliste anticommuniste, Volen Siderov, xénophobe particulièrement antiturc, antirom, antigitan.
Ne pas se tromper d’adversaire
C’est la haine des autres qui unit ces vingt députés. Sur les 785 élus qui peuplent le parlement européen, ils pourraient n’être qu’un moindre mal. Ils ne constituent pas un danger immédiat, ils servent une droite dite modérée, plus arrogante que jamais, dont l’aile la plus réactionnaire n’est guère éloignée de ces excessifs qui dérangent sans doute, mais dont le fonds de commerce ne pose pas de problème: l’extrême droite ne remet pas en question l’ultralibéralisme qui prévaut chez les conservateurs, même si elle en conteste la vision européenne ou mondiale. Après tout, la fraction «Identité, Tradition, Souveraineté» «est opposée à une Europe unitaire, bureaucratique et à un super état européen et s’engage en faveur de la famille traditionnelle en tant que trait d’union naturel de la société».
Combattre l’extrême droite est la moindre des obligations pour les progressistes, mais pas au risque de se tromper d’adversaire: il y a vingt ans déjà, le chasseur de nazis Simon Wiesenthal mettait en garde contre le danger de laisser diffuser la discours de la droite extrême dans les milieux conservateurs et modérés. Il n'est pas superflu de reconsidérer l’avertissement. Dans les milieux dirigeants, partout en Europe, en Suisse aussi, au nom d’une gestion «responsable», les discours et les engagements les plus contestables s’actualisent: la remise en question des lois les plus solidaires, l’insistance pesante des préférences nationales, la limitation des services publics réunissent les conditions d’une société dont l’individualisme est le cheval de bataille. Entre ceux qui hurlent avec les loups de Roumanie, de Bulgarie ou de Flandre et ceux qui sapent les acquis sociaux et recréent d’autres frontières parce qu’ils disent le droit en divisant les citoyens, il existe une communauté idéologique.
Dan Rajtberger
Gauchebdo, Suisse, février 2007
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